31 mai 2007

Dragueurs de fond, peche à la morue

Pooooou-ceuh !

Nan mais stop, temps mort, arrêêêtez-vous !
J'veux plus jouer, j'en ai marre, ça va trop vite, et moi, j'y arrive pas.
Voilà.
Si c'est comme ça, j'joue plus.

?

Bon, si, d'accord, mais attendez-moi, hein ?!

Parce que franchement, les amoureux qui s'installent ensemble, qui ont un chat, qui se marient, qui se pacsent, qui s'achètent un chez eux, qui veulent un bébé, qui attendent un bébé, qui vont avoir un bébé, une famille, deux, trois, quatre bébés !
Et le labrador !
Pis des bourrelets, et des rides, ah oui des rides, hin hin.
Voire un divorce, une famille recomposée, des ados qui font chier.
Non, arrêtons-nous au labrador. Ou au premier enfant.
Parfait.

Le bonheur.

Ah, je vois que le cliché est mal cadré, il aurait fallu décaler l'objectif un peu plus à gauche, là, tu vois, le bout de coude , c'est le mien.
Non, tant pis, la prochaine fois ce s'ra la bonne.

Io non ho mani che mi accarezzino il volto
(Je n'ai pas de mains qui me caressent le visage),
série de Mario Giacomelli (1953-1963)

"La prochaine" (je m'auto-cite, tu permets), ah ah "la prochaine", qu'est-ce qu'on rigole, surtout que j'fais pas collection, alors côté séduction, tu vois, j'suis à niveau 2, débutant confirmé.
Niveau 0, c'est même pas la peine d'espérer une interaction positive,
Niveau 1, débutant, c'est le socialisme de base, "bonjour", "merci", "au revoir", j'vous serre la main, "votez pour moi",
pis Niveau 2, c'est moi (bien que niveau 2 et Madame Bovary n'aient aucun rapport, même sexuel).
Je fais des sourires, je dis des compliments quand je les pense et au moment où je les pense, je suis très polie (je dis "je vous en prie", ça leur rappelle le bon vieux temps aux mémés, l'époque où les jeunes étaient bien éduqués, comme elles, c'étaient elles d'ailleurs. Euh, attends là, serais-je une mémé ?).
Jusque là, tout va bien, sauf qu'y en a, ça les énerve.

Pourquoi ?
J'ai mis l'temps, mais je crois avoir une piste.
Parce qu'être naturellement sympa, c'est draguer. 'Y a des filles qui ne supportent pas que je le sois avec leur mec (donc dans un endroit mixte, je ne parle qu'aux filles) et 'y a même un mec qui ne supportait pas que je le sois avec le vendeur de kébabs (pourtant, ça m'intéressait vraiment de savoir ce qu'il mettait dans sa sauce blanche).
Je suis donc une dragueuse malgré moi, le genre des qui courent la campagne, celles qui demandent des nouvelles de la famille, et "Madame Machin, est-ce qu'elle va mieux ?" "Oh, elle vous va bien cette couleur", etc.
Sauf que.
On est à Paris ma p'tite greluche !

Du coup, j'suis toute paumée, soit je suis naturelle et je cours le risque de passer pour une allumeuse, soit j'me tiens et j'me sens pas bien.

Sans compter les dragueurs professionnels, si t'es une fille et qu't'habites une grande ville, tu vois d'quoi je parle, ces mecs qui te sifflent au feu rouge, qui te balancent leur phrase fétiche en te croisant ("mmm, t'es bonne, toi", "c'est mignon, ça", "vous êtes ravissante mademoiselle", "très charmante", et une pensée émue pour le "euh, bonjour" trois mètres plus loin, de celui qui s'entraîne), qui s'attablent aux terrasses de café entre copains et matent tout c'qui bouge (j'ai eu 13/20 hier midi, je baisse), et puis ceux qui viennent s'asseoir juste à côté de toi quand tu bouquines, à entamer la discussion (la pire des situations en ce qui me concerne vu que je suis sympa : je réponds, et après, c'est l'horreur, soit je continue à discuter en me demandant à quel moment il va passer à la phase "questions perso", soit je coupe-court direct, ouh la méchante, quoi).
Pire, le suiveur de sortie de ciné, la ville, la nuit, les petites rues, "il vous a plu ce film ?" Ahhhhhhhh courage, fuyons ! (alors qu'en fait, c'était pt'être l'homme de ma vie !?)
'Y a des jours, tu vas pas m'croire tellement c'est d'la folie oversidérale, j'évite de sortir de chez moi pour pas croiser un de ces énergumènes.
Et 'y a des jours où un "je vous trouve très jolie, vous savez" m'accroche un grand sourire :)

Ah la la tous ces codes qu'il faut apprendre pour vivre dans la jungle urbaine, savoir se comporter juste comme il faut, sympa a minima, le regard franc mais pas trop dans les yeux, pour ne pas s'entendre dire qu'on est une "sale pute, va !", avoir des relations humaines avec les gens de son quartier sans attirer le p'tit boulet du coin (j'ai une grande expérience en la matière, les lettres anonymes de C. C. du collège adressées à mes parents pour louer tous les mérites de leur fille (moi, évidemment), ou le camarade de lycée-cycliste du dimanche, venu me rapporter la gomme que je lui avais prêtée en cours, à 8h du mat', "en passant dans l'coin" (il habitait à 15 km de là...)).

Alors au final, j'suis assez mal barrée pour dépasser le niveau 2 sur l'échelle de la séduction, ça risquerait de devenir ingérable c't'affaire-là.
Et je sais que jamais je ne jouerai au niveau 5, à me maquiller et à m'habiller indignement (oui, ça va parfois jusqu'à l'outrage à la dignité humaine, je trouve) comme devant chez Regine le jeudi soir, entrée gratuite pour les filles, au programme trois strip-teaseurs, et ensuite on ouvre les portes aux hommes.
Je ne voulais pas y aller, mais ça faisait partie du programme d'enterrement de vie de jeune fille (ne va aps croire que c'est le mien), alors zou ! Eh bien sache que quand la plus jolie d'entre-nous a fait signe au videur qu'on avait réservé, qu'il nous a toutes reluquées et fait signe d'entrer, il a placé son bras derrière moi et dit "non, celle-là, elle passe pas". "Celle-là", elle était peut-être un peu plus grosse que la moyenne, mais loin d'être moche. Mais pas désirée dans un endroit où le but est d'attirer des mecs prêts à payer cher pour voir des filles de magazine ou presque et prêtes à beaucoup. Alors on a toutes fait demi-tour tandis qu'un autre groupe de filles entrait, sauf deux, elles se reverraient à la sortie...

Donc j'attends patiemment et passivement que le Prince charmant vienne me faire essayer une tong, voir si ça colle, en priant pour qu'il ne se transforme pas en crapaud ce guignol, ou alors oui, mais vite fait, parce que j'ai pas que ça à faire d'aimer un bellâtre si c'est pour qu'il me dise qu'en fait, il préfère s'occuper du Septième Dragon ou s'éclater avec Peau d'Âne.
J'ai déjà donné dans la Princesse au p'tit pois.

Surtout qu'ça n'm'empêche pas de me faire draguer par la caissière qui m'indique une promo deux-pour-le-prix-d'un pour ce produit dans mon panier, ni de me faire séduire par le vendeur de bonbons qui m'offre un carambar pour mon joli sourire, et j'apprécie l'air absent du facteur quand il me monte un colis à 7h30 et que je lui ouvre en nuisette un peu transparente (c'est pas moi, c'est ma cousine qui m'la offerte) en priant pour que mes seins ne pointent pas trop avec le froid qu'il fait... (ouais, c'est dur la vie d'une greluche)

Et je vais voir et revoir Breakfast at Tiffany's*** (Diamants sur canapé pour les massacreurs de titres de nouvelles dont s'inspire le scénario) de Blake Edwards (1962) avec la ravissante Mademoiselle Audrey Hepburn et George Peppard futur Hannibal de l'Agence tous risques.
Parce que c'est tout ce dont j'ai besoin en ce moment : de la fantaisie, de la beauté, un chat et un peu de vrai :

"You know what's wrong with you, Miss Whoever-you-are? You're chicken, you've got no guts. You're afraid to stick out your chin and say, "Okay, life's a fact, people do fall in love, people do belong to each other, because that's the only chance anybody's got for real happiness." You call yourself a free spirit, a "wild thing," and you're terrified somebody's gonna stick you in a cage. Well baby, you're already in that cage. You built it yourself. And it's not bounded in the west by Tulip, Texas, or in the east by Somali-land. It's wherever you go. Because no matter where you run, you just end up running into yourself."


Les Cowboys fringants, "Les étoiles filantes"

La musique, c'est dj Grabeuz, 'paraît qu'ça lui donne envie "de danser comme les majorettes de Pologne qui viennent déguisées en brésiliennes à la fête des fleurs de Cayeux-sur-Mer (80400)", va savoir pourquoi :)
    ♪Si je m’arrête un instant
    Pour te parler de la vie
    Juste comme ça tranquillement
    Pas loin du Carré St-Louis
    C’est qu’avec toi je suis bien
    Et que j’ai plus l’goût de m’en faire
    Parce que tsé voir trop loin
    C’pas mieux que r’garder en arrière

    Malgré les vieilles amertumes
    Et les amours qui passent
    Les chums qu’on perd dans l’brume
    Et les idéaux qui se cassent

    La vie s’accroche et renaît
    Comme les printemps reviennent
    Dans une bouffée d’air frais
    Qui apaise les cœurs en peine

    Ça fait que si un soir t’as envie de rester
    Avec moi, la nuit est douce on peut marcher
    Et même si on sait bien que tout dure rien qu’un temps
    J’aimerais ça que tu sois pour un moment…

    …mon étoile filante ♫

24 mai 2007

Tête en l'air

Si ma tête de profil te fait peur (à moi aussi), tu préfères ma tronche de kek ?


21 mai 2007

3615 Cinéma life

Trêve de photos et autres p'tites notes vite lues, v'là une note de fond, et qu'elle est longue, et qu'elle est détaillée, j'te souhaite bien du plaisir... parce que moi, j'en ai eu à l'écrire, comme celle-ci et celle-là, immiscées mine de rien, oh oh si on peut plus plomber son blog, où va-t-on mon bon monsieur ?

Comme l'indique le titre, c'est de ciné dont il est question et aussi un peu de ma vie, comme d'hab', quoi. Ah flûte, il faut que j't'explique le titre.
Alors "life", ça veut dire "vie" en anglais, et il y a jeu de mots de talent entre une expression récurrente "3615 ma life" quand tu la racontes trop et le mot "Cinéma", qui finit par -ma, parfait pour l'enchaînement lexico-intertextuel (tu me feras une explication de texte CLAIRE de cet extrait).

Petite mise en jambe avec la critique lapidaire, mais comme j'suis (trop) sympa, je commencerai par les moins bons histoire de dissiper le stress croissant du prof qui remet les copies de la meilleure note à la moins bonne, voilà-j'en-étais-sûr-j'me-suis-tapé-une-sale-note-la-honte-devant-tout-l'monde-et-Papa-qu'est-
ce-qu'il-va-dire-merde-quelle-conne-c'te-prof, et on pourra tous admirer les meilleurs.

N'ayant pas vu de "Ca y est, tu as touché le fond, creuse encore", on passe direct aux pas top mais pas catastrophique quand même :

- [la critiqueuse était aigrie] Love actually* de Richard Curtis (2003) avec du beau monde qui se laisse regarder à condition de ne pas craindre l'indigestion de guimauve, et en fait, à part cette impression, je ne me souviens plus de rien si ce n'est d'Emma Thompson qui n'a pourtant pas un grand rôle. Allociné me dit qu'il y a aussi Hugh Grant, ça y est ça me revient, et Colin Firth aussi, mais pas Renée Zellweger. Oui alors si, ça y est, on pourrait parler d'un film-chorale* "bulle de légèreté" que beaucoup apprécieront, mais pas si on le voit à un moment où on trouve la vie, la vraie, carrément décevante et 'faudrait pas venir nous faire croire que c'est beau l'amour. (je préférais quand Curtis se cantonnait à la scénarisation de Quatre mariages et un enterrement, Coup de foutre à Notting Hill ou le Journal de Bridget Jones)
* sans Gérard Jugnot

- [la critiqueuse voulait du rêve] Quand j'étais chanteur* de Xavier Giannoli (2006) avec Cécile de France, Gérard Depardieu, Christine Citti et Mathieu Amalric. Une jolie affiche, une belle distribution d'acteurs, et pis c'est tout. Pas mauvais du tout pour traduire l'ambiance de loseurs qui finissent pas trouver que la lose à deux, c'est mieux que tout seul, oui bah merci mais à presque 26 ans, laissez-moi encore y croire un peu à la belle vie à deux !

Place aux "Pas mal, mais" :

- [la critiqueuse n'aime pas Clint Eastwood] Lettres d'Iwo Jima** de Clint Eastwood, donc (2006) et de très bons acteurs japonais. Deux heures dix-neuf du côté des Japonais lors de cette fameuse bataille d'Iwo Jima dont Mémoires de nos pères est le pendant du point de vue américain (je ne l'ai pas vu), auparavant traité par Allan Dwan dans Iwo Jima avec John Wayne (1949) et même trois acteurs ayant réellement participé à la bataille. Tout ça pour dire que c'est un très bon film de guerre mais Clint force encore trop sur les sentiments, pendant deux heures dix-neuf, et moi je résiste, je pleure quand je veux, d'accord ?! (et aussi, il y a avait une tête bien haute devant moi, j'arrêtais pas de faire la girouette, un coup à gauche, un coup à droite, pour pouvoir lire les sous-titres - mais pourquoi j'ai pas appris le japonais, moi ?)

- [la critiqueuse était amoureuse] Come back** ❤ de Marc Lawrence (2006) avec Hugh Grant et Drew Barrymore. Une comédie romantique avec deux acteurs excellant dans ce répertoire, fins, drôles et donc beaux, un scénario rafraîchissant, et on se laisse prendre au jeu de la pop revival, plus c'est ringard, plus on sourit. Et tout le monde sort de la salle avec un arc-en-ciel sur la tête. Ca mérite un coup de coeur :)

Maintenant, de la qualité...

- Un si doux visage*** d'Otto Preminger (1953) avec Robert Mitchum et Jean Simmons. Film impeccable d'un réalisateur renommé, et pourtant c'était la première fois que je voyais un de ses films... mmm un peu déçue j'avoue. D'une beauté glaciale à l'image de son héroïne, avec une très belle photo contrastée, je suis restée en surface de l'intrigue, hésitante devant le jeu de Mitchum : amoureux timide ou cynisme déguisé ? J'ai malgré tout cédé à l'inquiétude ambiante vu ma réaction à la sortie du ciné, l'impression d'être suivie, et ce n'était pas de la parano, oui oui, malgré mon allure rapide, "il" est arrivé à mon niveau, "le film vous a plu ?, je bredouille un "un peu déçue, au revoir !" et je bifurque dans une petite rue de traverse entendant au loin "Vous ne voulez pas prendre un verre ? ah...on dirait que non", ça va bien la flipette ? Ri-di-cule.

- Scandaleusement célèbre*** de Douglas McGrath (2006) avec Toby Jones et Sandra Bullock. Le même sujet que le Truman Capote de Bennet Miller (2006), l'enquête personnelle de l'écrivain pour l'écriture d'un roman-reportage au sujet du meurtre d'une famille et d'un des meurtriers dont il se rapproche afin de nourrir son inspiration, mêlant dangereusement la réalité et la fiction romancée, les faits connus et les confidences, au seules fins d'écrire le chef d'oeuvre qui le perdra. J'en sais plus sur l'auteur du Petit Déjeuner chez Tiffany (1958), pas franchement attachant mais formidablement dépeint par Mcgrath et admirablement joué par Toby Jones... il faudrait que je voie son "double" oscarisé (Philip Seymour Hoffman) pour pouvoir comparer, mais ce sera avec un certain a priori : les Oscars manquent souvent de simplicité, et là, justement, j'ai trouvé que les petites imperfections rendaient le film plus humain.

- The Queen*** de Stephen Frears (2006) avec Helen Mirren (Oscar de la meilleure actrice, si je commence à me contredire...), James Crowell, Michael Sheen. Très agréable surprise, beau travail d'acteur, pas dans l'imitation mais plutôt l'incarnation, et ça fonctionne bien, un scénario bien arrangé autour de la semaine qui suivit la mort accidentelle de l'ex-Princesse Diana, la réaction bouleversée du peuple anglais, celle, moderne, de Tony Blair fraîchement nommé Premier Ministre et surtout celle, beaucoup plus froide, de la Reine. Entre affection et incompréhension, Frears fait dans la finesse, et ça fait plaisir ! (voyons voir quelle sera sa Palme d'or puisqu'il est le Président du Jury à Cannes cette année)

- Les Bas-fonds***☺ de Jean Remoir (1936) avec Jean Gabin et Louis Jouvet, une adaptation de la pièce de Gorki (1902), on garde les noms russes mais ça se passe en France, après tout, là n'est pas l'important. C'est juste, intelligent et piquant comme du Renoir, avec les compères Gabin et Jouvet, quoi de mieux ? Des rires simples, des sentiments vrais, et puis c'est tout, et c'est très bien comme ça.
(paraît-il que l'adaptation d'Akira Kurosawa (1957) vaut aussi le détour)

- J'attends quelqu'un***❤ de Jérôme Bonnell (2006) avec Emmanuelle Devos, Jean-Pierre Darroussin. Un rayon de soleil où tout le monde est gentil, et ça sonne vrai. Franchouillard diront certains, n'empêche que le chassé-croisé scénaristique est bien équilibré, tous les acteurs ont leur place et l'occupent avec talent, on entre dans leur vie avec sensibilité et retenue... et puis j'adore Emmanuelle Devos. Donc coup de coeur, forcément :)

Enfin dans la cour des grands...

La Vie des autres**** de Florian Henckel von Donnersmarck (ça va être facile à retenir...)(2006) avec Ulrich Mühe, Martina Gedeck et Sebastian Koch. Un chef d'oeuvre à mes yeux, va le voir !
(même s'il a eu l'oscar du meilleur film étranger ;)





Sinon, j'aime bien traîner chez Goubliboulga, ça plaît à Maman, et sur Newbiemac, adresse refilée par Pénélope, pour chouchouter mon Mac (même que je découvre des trucs que je savais déjà faire, wow).

19 mai 2007

3615 Cinéma rien d'bad

Ouop réveille-toi, j'avais pas fini ! Oh bah non, eh, c'est important quand même, 'faut qu'j'te parle d'un film ovni, du genre chef d'oeuvre profondément ennuyeux, la beauté soporifique.
Je savais que ça allait te plaire.

D'abord, la musique pour l'ambiance



Ensuite, le titre : L'année dernière à Marienbad d'Alain Resnais (1961) avec Delphine Seyrig, Giorgio Albertazzi et Sacha Pitoëff.

Puis la bande-annonce-parfaitement-la-couleur.

Enfin, la tartine.
Quelque part, un homme, une femme, un autre homme, des gens.
Le récit, la fiction dans le récit, le rêve, la réalité dans la fiction, tout nous échappe, tout se fige.
Se raccrocher aux détails, le vide onirique, se perdre dans les décors baroques, grandiose.
La parole incantatoire, la musique comme guide à l'envoûtement, l'orgue pesant, le silence.
Noir Blanc Ombres.
Raffinement.
Folie.

Désorientation.

A l'image du jeu de Nim, récurrent, la relation entre un homme et une femme est posée comme une énigme, à la fois fruit du hasard, tout en étant probablement contrôlable, mais comment ?
De nombreuses clés sont proposées, valables ou illusoires, à nous de choisir dans ce scénario à tiroirs, le film dont vous êtes le héros.
Le principe, s'il en est, destabilise et l'on hésite à se laisser-aller, se faire porter par les images et le son, peu importe le sens, mais l'ennui guette et il s'avère nécessaire de s'engager dans une quête du sens, comment ça marche, qu'est-ce que ça veut dire, que s'est-il vraiment passé ?
Aussi indiqué pour dormir que pour s'agiter les neurones, à chacun son film.

D'où le mérite du montage, un semblant de puzzle dont a dû s'inspirer David Lynch pour Mulholland Drive*** (2000) notamment.
On pense à 8 1/2**** de Federico Fellini (1963) pour le décor de grand hôtel propice aux défilés mondains et ce qu'ils favorisent d'échos sinueux dans la mémoire, également à quelques films de Bunuel et sa façon de filmer l'incompréhension, l'inattendu, le bouleversement des repères (et des règles).
D'une manière plus diffuse, on est renvoyé aux oeuvres de Magritte, de Marx Ernst, de Chirico...

Une hypothèse pertinente, celle de la métaphore du réalisateur et de l'actrice : elle incarne ce que le réalisateur lui indique, son passé est celui qu'il lui façonne, encore faut-il qu'il se soit décidé. Elle est ici ce que le spectateur choisit, il est le réalisateur, le film ne peut donc qu'être reçu positivement par la critique, malin !

Côté déco, ça donne L'année dernière à Marienbad***✝ et ça inspire Blur, "To the end":

(le sous-titrage a été réalisé sous l'emprise de la drogue)


N'oublions pas que le scénario est signé Alain Robbe-Grillet, chantre du Nouveau Roman qui passera très vite derrière la caméra, encore cette année avec Gradiva, un truc apparemment assez spécial dont aucune des critiques entendues ne m'a donné envie d'aller le voir. Mais je garde le souvenir de l'interview d'un homme à la fois sûr de lui et difficile à suivre, imposant de flou... c'est sans doute ce qui compose son talent, du moins pour Marienbad.

A voir, pour le vivre.

08 mai 2007

Un vrai semblable

Louis Jouvet réincarné...


... et Cary Grant cloné ?


Bon c'est pas un scoop, mais comme ça me perturbe toujours autant quand je regarde leurs films, il fallait que ce soit souligné.
N'est-ce pas ?

Et sinon, si tu travailles à la Camif, ça t'arrive souvent de porter plainte ?


Et Patrick Bruel, quand il va aux States, man, il change de nom, pouf pouf. Non mais vraiment...

(c'était une note indispensable, - spensable)

04 mai 2007

C'eeest u-ne pou-pé-é-ée...

Au parc, après un bon essorage-tourniquet, mon p'tit camarade (de 6 ans) me rejoint sur un bout de banc :

"Qu'est-ce tu fais ?
- je faiblis
- c'est quoi "bli" ?
- c'est essayer d'écrire des jolies choses dans ma tête
- pour qui ?
- pour faire plaisir, je l'aime bien "faire plaisir"
- ?
- et toi ?
- N.O.N.
- N.O.N. ? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
- N., O. et N. ça fait [on], N-ON
- N-on, Nnnn-oooon, Noon ?
- Non !
- Non. Non ? Non ! Non non... non, on dirait un message codé
- O.U.I.
- O.U.I. Ou-I N-on ? Non Oui !
- Oui ! Non-Oui Oui-Non Non-Oui
(il s'empare de la bouteille d'eau et semble tester une nouvelle façon de boire au goulot, ambiance t-shirt mouillé)
- Non-Non-Oui. Ah, on tient une piste. Je vais aller au commissariat leur donner ces informations
(il s'étouffe de rire)
- Ah, un indice supplémentaire ? Il faut que je boive comme un zigoto moi aussi ?
- NON !
- OUI !
(bon là, on est grillé par tous les parents du coin)
- Mais non, euh !
- Non
- Si !
- Si un-deux-trois-quatre-cinq-si-sept
- Si.
- Cinq-si-sept
- Six !
- Non Si, cinq-si-sept-huit
- NON SIX !
- Oui
- T'entends pas "sissss" ?
- Non
- Mais si !
- Oui
- Oui ?
- Non
- Pourquoi tu dis que Oui et Non ?
- Oui
- ? Ca veut dire rien
- Non
- Ah, je croyais que t'étais fou de la cervelle
- Oui
- Oui ?
- Non"
et finalement le tourniquet, ça donne moins le vertige...


Bonus "parlons français" :
"T'as envie de quoi ?
- J'ai rien envie, moi.
"

02 mai 2007

Bonne heure


"Danseuse", de Miró (Non, t'es pas miro)

    6h58
    j'ouvre l'oeil
    le soleil
    j'ai envie
    sourire danser respirer
    aimer courir donner
    nager caresser dormir
    toute seule
    jolie
    avec toi
    si
    sans lui
    ensemble
    ou pas
    le sable chaud et l'eau fraîche
    des draps propres et les fleurs
    les cerises, un bon livre
    la vie comme un fauteuil
    fermer les yeux
    il fait bon
    c'est le début, c'est la suite
    c'est la fin aussi
    ouvrir les yeux
    sourire.