26 mars 2007

Mythomamie

Ouh la, ça fait plus d'un mois que j't'ai pas parlé de mes aventures Mary Poppinesques sans parapluie (j'en ai marre de perdre mes parapluies, je mise donc sur le beau temps toute l'année et une serviette-éponge dans mon sac), il faut y remédier.


Tu l'as sans doute compris si tu suis - et t'as intérêt vu que la fin de l'année arrive à grands pas, vacances de Pâques, 3ème trimestre, évaluation AH AH ! - , si tu suis, donc, t'as remarqué que cette année j'ai quitté la famille militaro-cool et ce, par excès d'optimisme, sans même imaginer passer par la case ASSEDIC-ANPE, avec rendez-vous mensuel à la con vu que je touche que dalle d'indemnités (c'est ça de servir des crêpes au black et d'avoir des parents extrêêêmement riches (tout est relatif, certes, j'ai réussi l'exploit ce mois-ci d'arriver à la fin du mois le 17)), j'y vais juste par principe, c'est mon engagement politique : être comptée parmi les demandeurs d'emploi.
En fait j'y vais pas : à chaque fois j'suis convoquée le mercredi après-midi, en plein baby-sitting régulier, dans c'cas mademoiselle, 'faut nous envoyer (paye ton timbre, oui, j'en suis arrivée à faire gaffe aux timbres : répondre à des offres d'emploi et envoyer des candidatures spontanées, ça coûte cher à la longue. Et c'EST long), 'faut nous envoyer, disais-je, une copie de votre contrat et on vous redonnera un autre rendez-vous. Sauf que j'ai pas de contrat vu que je suis payée en chèque-emploi-service APRÈS le service, donc j'appelle comme une fleur à l'heure du rendez-vous et ma gentille référente me dit qu'à l'accueil, t'façons, ils sont cons, que je fais tout très bien mais que c'est un peu crétin de rester à l'ANPE et aux ASSEDIC vu que j'y gagne rien, puis elle me fixe un nouveau rendez-vous dans un mois, un mercredi après-midi, et me souhaite bon courage.
Ouais d'accord.

Quoi qu'il en soit, j'ai bien fait de quitter la famille des dingos, même si j'ai parfois le sentiment d'avoir lâchement abandonné les enfants à leur marâtre de mère peace & love (c'est une artiste le week-end : elle colle des CD sur des toiles tartinées de toutes les couleurs c'te ouf, par contre, greluche, j'ai vu que vous aviez acheté deux baguettes comme je vous l'avais demandé, où est le ticket de caisse ?).


Bon, et donc maintenant, rebelote, je garde des enfants chez Monsieur et Madame Sweetlove : deux filles de 8 et 9 ans, un garçon de 6 ans.
"Ma petite greluche, mercredi prochain, les enfants ne seront pas là, c'est l'arbre de Noël de mon entreprise, mais bien entendu, je vous compterai ces heures" (et hop, 100€ dans la poche).
Le truc, c'est que j'ai comme l'impression qu'au jeu des 7 familles, Dieu s'est un peu trompé, les enfants ne sont pas souvent sweetlove, et je l'ai compris dès le premier jour quand en fin de journée, après avoir bien joué et avant d'aller à la douche, je demande à la grande de ranger les Playmobils avec nous. Je demande à la grande de ranger les Playmobils. Je demande à la grande les yeux dans les yeux de ranger. Je hurle demande fermement à la grande... "Ok, va dans ta chambre alors, j'en toucherai deux mots à tes parents" et elle de répondre : "Ouh toi, tu vas pas tenir longtemps !" (et elle est allée dans sa chambre, ouf).
Le ton est donné.

Après 'y a eu ça, entre autres.

Heureusement, je raconte des histoires de greluche à un p'tit mec qui rêve de devenir astronaute.
Astronaute, c'est bien, surtout pour la baby-sitter, parce qu'avec un projet comme ça, on a plutôt intérêt à être intelligent (bien respecter les interlignes quand on écrit sinon, c'est sûr, copier 4 fois "cochon" ça prend 3 lignes), grand et fort (finir sa viande et sa ratatouille - ne pas lécher la table), en bonne santé (les fruits pour les vitamines et fous ta cagoule), et maître de soi (et de sa trottinette, éviter les poteaux et les mémés).
Et donc, parce que c'est là que je voulais en arriver dès la première ligne de cet article, j'ai un peu de mal à synthétiser on dirait..., et donc un après-midi, depuis une heure dans le vaisseau spatial (des chaises, des boîtes, le synthé), je commence à en avoir légèrement marre de toujours devoir sortir pour aller réparer la navette pendant que le commandant est tranquillement en train d'essayer d'éviter les soleils, alors je dis :
"Allez, stop, je joue plus, j'suis fatiguée (ce qui est vrai vu que j'avais enchaîné lever tôt + 1h de nage + offres d'emploi du mercredi + 1/2 heure de marche + préparation du repas + cadrage de tout le monde + débarrassage éducatif + accompagnage de l'une à la chorale, de l'autre au Basket)
- MAIS NON, T'ES LA BABY-SITTER, TU JOUES !
- Non, j'suis trop vieille, j'ai plus la force
- Hein ? T'as quel âge ?
- 85 ans
- ?! On dirait pas !
- Je sais, on dirait que j'ai 25 ans mais en vrai, j'en ai 85, c'est pour ça, je suis fatiguée
- Comment ça se fait ? T'es plus vieille que Maman ?
- Oui, elle pourrait être ma fille ta maman. C'est parce que quand j'avais 25 ans, en 1946, juste après la guerre, je voulais pas vieillir, alors tous les matins, je buvais un verre d'huile, et encore aujourd'hui.
- Un verre d'huile ? C'est dégoûtant !
- Oui, mais ça marche
- Mais si t'as 85 ans, t'es une mémé, t'as des petits enfants ?
- Oui, bien-sûr, j'ai des enfants aussi.
- Et t'as un mari ?
- Oui, mais il est mort, ça fait 5 ans déjà. J'ai un fils aussi qui est mort :(
- Ah..."

Deux semaines plus tard, je propose qu'on aille passer l'après-midi au parc pour profiter du soleil.
Alors il me demande :
"Mais ça va aller, tu vas pas être trop fatiguée ?
- Bah non, pourquoi ?
- C'est un petit peu loin, et comme t'es vieille...
- (j'éclate de rire, je ne pensais pas qu'il avait vraiment cru à mon histoire) Ah mais non, tu sais, j'ai arrêté de boire de l'huile tous les matins
- Pourquoi ?
- Parce que c'est trop triste la vie, toute ma famille meurt, et moi, t'imagines, dans 200 ans j'aurai encore 25 ans, c'est plus très marrant au bout d'un moment...
- Mais t'es jeune là !
- Oui, j'ai l'air d'avoir 25 ans et à partir de maintenant, je vais vieillir normalement, l'année prochaine, j'aurai l'air d'avoir 26 ans et en vrai j'en aurai 86.
- Ah. (silence) C'était quoi la marque de ton huile ?
- J'te l'dirai pas, c'est trop de malheur."

Conclusion : j'aurais dû lui dire que le produit magique, c'était les brocolis. Et de pas lécher la table.

23 mars 2007

Des livres, moi, du mal ?

Comme je viens à peine de commencer Les Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et qu'il est probable que j'en aie pour un moment - surtout que c'est pas forcément le bouquin idéal pour accompagner l'éveil du printemps (je l'ai déjà ponctué de la lecture de deux p'tits livres plus "légers"), ni très pratique à glisser dans son sac - à moins qu'on aime à se trimballer des pavés dans sa besace XXL -, et non, la phrase n'est pas finie, je vais te parler maintenant de quelques lectures ayant attiré mon attention ces derniers mois.

Chronologiquement, c'est d'abord Tandis que j'agonise**** (1930) qui sonne mieux en V.O. As I lay dying (ça n'engage que mon snobisme), du grand Faulkner, oui décidément, plus je le lis, plus il grandit, ou bien c'est moi qui rapetisse.
Décor classique : les Etats-Unis au début du XXème siècle, le Sud, la chaleur écrasante, une famille pauvre, des personnages rudes mais finement présentés, avec chacun un caractère bien trempé et personnel, forgé au gré de leur vie dont on découvre le passé au fur et à mesure que l'action se déroule.
L'occasion pour Faulkner de balayer un large éventail d'états humains jusqu'à l'inhumain, l'inaceptable teinté d'une ironie mordante qui n'enlève rien de la violence mais lui donne une profondeur, celle de l'amour qui les traverse tous, les unit et les déchire.
Il est question d'avarice, d'égoïsme entêté, de mauvaise foi, de solitude et de bêtise, mais aussi d'amour, de loyauté, de sincérité, autant de valeurs qui rendent les péripéties de la famille Bundren bouleversantes, à tel point qu'on ne sait plus s'il vaut mieux en rire qu'en pleurer, voire s'en détacher tout-à-fait, mais ça c'est impossible, l'écriture tient du génie, on est tenu en haleine, presque par le voyeurisme, quoi de plus sale, de plus rebutant, de plus ignoble encore ?
La chaleur de plomb, la puanteur de la mort, l'ignominie des hommes, tu peux reculer si tu veux, mais si tu y viens, l'air de rien, tu verras comme la misère peut être séduisante et écoeurante, elle colle à la peau.

Et oui, ça fait du bien, Faulkner n'est pas de ceux qui misent sur les bons sentiments, le héros auquel on peut s'identifier, la beauté d'une description ou tout autre procédé utilisable à foison par des auteurs populaires et qui devraient avoir honte. Non, il mise sur son talent, impudent, et il a bien raison.


La chaleur et la mort, deux thèmes qui traversent aussi le prix Goncourt 2004, Le Soleil des Scorta*** de Laurent Gaudé. Un achat au hasard (je n'en avais pas entendu parler !) qui s'est révélé être une excellente surprise doublée de l'occasion d'avoir très chaud en plein mois de février...
A Montepuccio, dans le Sud de l'Italie (en réalité, c'est Peschici dans le Gargano, la ville la plus proche des îles de l'Adriatique), la saga d'une famille sur quatre générations dont le noyau dur, deux frères, une soeur et encore un frère, donne à comprendre comment dès le plus jeune âge, on a pu grandir sur une terre si dure, avec des gens si rudes, un trésor à l'image de cette huile d'olive, si précieuse grâce à un soleil pourtant dévorant.
L'Italie du début du siècle dernier, son folklore mythique, sa religion "adaptée", ses rumeurs assassines, mais aussi le rêve américain, les débrouilles de contrebande et par dessus tout la force d'une famille, l'amour et les orecchiette (et les aubergines grillées, mmmmm).
J'en suis sortie avec à nouveau l'envie d'aller faire un tour dans les Pouilles, ça ne saurait tarder...


L'enfance difficile n'est pas l'apanage de l'Italie pauvre, le Sud-Ouest aussi offre son théâtre aux Noces Barbares*** de Yann Queffelec qui n'a pas volé son Prix Goncourt 1985. Une petite merveille de cruauté, de détresse, un personnage central saisissant, profondément attachant, d'autres personnages décrits de manière juste suffisante, rien de trop, une grande finesse pour une histoire qui prend de l'épaisseur, un petit livre dont on ne ferait qu'une bouchée mais que les gourmets s'efforceront de faire durer encore un peu en ne lisant pas trop vite.
A savourer, pour rire et pour pleurer, parfois les deux à la fois, un mélange rare.


Enfin, un dernier petit bijou que je ne saurais que trop t'obliger à lire (aucune excuse possible, même si tu sais pas lire) : Pour qui sonne le glas**** d'Hemingway (1940), bah ouais. Monsieur le génie de service du roman du XXème siècle a encore frappé, en Espagne, pendant la guerre civile de 1936-1939. On suit pendant quelques jours les aventures de Robert Jordan, "l'Inglés" parmi des guerillos espagnols réfugiés dans la montagne, menant son combat personnel contre le fascisme aux côtés de Pilar, Pablo, Maria "Guapa" et les autres, sa famille de communistes convaincus. Plutôt qu'un roman politique, c'est une ôde à tout être engagé, combattant pour une cause qu'il croit juste, et en ce qui concerne Jordan, toujours soucieux de sa responsabilité, alors même que les sentiments les plus forts s'éveillent en lui, l'obligeant à un effort constant de discernement courageux.
Comme à chaque fois avec Hemingway, j'ai été saisie, emportée, bouleversée, j'ai pleuré presque malgré moi, oui, il m'a encore eue avec sa poésie cachée sous des airs de roman d'aventures, il est vraiment trop fort.



Sinon, je peux te parler de quelques autres bouquinades, mais rien de mirobolant.

Le Paris est une fête**♥ encore d'Hemingway (1964), donne un éclairage appréciable sur la vie de l'auteur, ses années de vache maigre à Paris, sa femme et leur passion pour les courses hippiques, leur bébé, mais aussi la faune artistique fréquentant le Dôme, le Select et la Closerie des Lilas dont il se rappelle le serveur à moustache, sa rencontre avec Gertrude Stein, et les fantaisies de Francis Scott Fitzgerald et de sa curieuse épouse, Zelda... ;)
Si tu as déjà lu quelques romans d'Hemingway, ce recueil de souvenirs non achevé (publication posthume) te plaira probablement, mais il ne présente probablement aucun intérêt pour qui n'a pas déjà la curiosité aiguisée à son sujet.


J'ai bien aimé aussi Puisque rien ne dure**♥ de Laurence Tardieu (2006), un livre qu'on m'a offert à Noël, bien écrit, sobre, simple et délicat, sur un sujet difficile que je ne dévoilerai pas même si on comprend vite de quoi il s'agit : je n'aurais personnellement pas aimé le savoir.


David Golder** (1929), le premier roman d'Irène Nemirovski que j'avais découverte avec Suite française**(ou *** ?) lorsqu'il est sorti de façon posthume en 2004, avec l'autorisation de ses filles, enfants cachées pendant la guerre, elle ayant été déportée.
Ce premier livre n'est pas mal écrit, j'ai pensé à Belle du Seigneur** d'Albert Cohen (1968) dans la description du vieux Juif typique, et aux Cloches de Bâle*** d'Aragon (1934) (le premier tome du cycle du "Monde réel" clos par le magnifique Aurélien**** (1944)) pour l'époque du développement fulgurant de l'industrie et des grandes fortunes aussi vite défaites qu'elles n'ont été faites.

Un petit passage un peu décevant par le Petit déjeuner chez Tiffany** de Truman Capote (1948), non, je n'ai pas vu le film avec la top classe Audrey Hepburn, et vu le livre, j'imagine que le succès du film repose sur le jeu et la beauté de l'actrice, et la mise en scène, plus que sur le scénario, plutôt creux.
C'est une nouvelle en fait, légère, fraîche et curieuse, mais je suis arrivée à la fin sans m'en rendre compte, étonnée en tournant la page de passer à une autre nouvelle...
A part cette déception, j'avoue que Capote a une façon de décrire les scène de façon très cinématographique, très vivante, et ça permet de passer un bon moment pendant que les enfants font des combats de sabre-laser à la Luc Skanwaïcoeur.

Enfin, le très nul Et on tuera tous les affreux☠ de Boris Vian-Vernon Sullivan (1948), non mais vraiment, trop naze. J'en attendais plus après J'irai cracher sur vos tombes**, pas un chef d'oeuvre mais quand même, bah rien, nul de chez nul. Merci, hein !

(la prochaine fois, je mettrai le meilleur à la fin, comme ça les courageux seront récompensés, c'est mon côté institutrice-chignon serré)

Comment taire*

Ah la la, toutes les notes que j'aurais pu pondre si seulement je prenais le temps de les écrire au lieu de me les dire dans ma tête pour moi toute seule (des fois, je fuis du cerveau, et alors je vois bien dans les yeux de ma mère monsieur mon mec d'amour que nan, greluche, tais-toi ça vaut mieux)(n'empêche que les blagues que j'invente, elles me font beaucoup rire - ou alors c'est son air consterné ?).

Se taire ou ne pas se taire. J'attise la Christiane.
Bon, dans la vie, c'est mort, je ne peux pas me taire, je débite ma connerie et j'assume.
Mon "entourage proche" le sait, donc ne me sort pas trop quand son aura risque d'en prendre un coup, et je le comprends.
Ce soir, par exemple, c'est l'anniversaire de son meilleur ami organisé par sa copine qui a semble-t-il oublié que bah ouais, j'existe, et même que son chéri, j'le connaissais avant elle euh, nanannananè-re. Eh ben j'suis même pas vexée : vu comment mon mec à moi il me parle d'aventures il a bredouillé que j'étais pas invitée, qu'elle me connaît pas, "mais si, je lui ai déjà parlé de toi, mais tu comprends, c'est elle qui organise, je peux rien faire" (ouais ouais), j'en ai déduit que je représentais une lourde menace sur sa vie sociale, ce qui est tout à fait vraisemblable.
Avec cette blague par exemple :

    Un couple plus très branché côté câlins:
    "Chéri, qu'est-ce que tu voudrais pour ton anniversaire ? Un écran plat ? Une Wii ?
    - Non, des piles s'il te plaît
    - Des piles ?! Pourquoi ?
    - Pour recharger mon sex-appeal"
C'est tellement fort, tellement fin, tellement bien trouvé, plus personne l'aurait causé d'avoir une copine aussi amazing.


Les chats au moins, ça parle pas
(j'ai l'droit, c'est pas une photo de chaton)


Se taire ou ne pas se taire à la radio, ça c'est fait. La radio de la méduse a coulé (à moitié).

Se taire ou ne pas se taire à la télé, c'est presque fait : une charmante Clémence m'a contactée pour que je vienne poser des questions de greluche chez Guillaume D., j'ai répondu ok, à moi la gloire, alors elle m'a demandé quelques détails sur ma vie, la vraie (pas aux champs) et depuis que je lui ai révélé ma profession, silence radio télé, je pense que le stage de Clémence est terminé. (ou alors c'est l'article sur la honte au vomis qui n'a pas plu ?)

Se taire ou ne pas se taire sur Internet, ça s'discute dans un avion.
Déjà, les commentaires. Un jour, l'année dernière, ça m'a pris, comme ça, j'ai commencé à commenter timidement sur quelques blogs où je traînais régulièrement, en quelque sorte pour "payer" le plaisir que la lecture m'avait procuré. J'ai vite compris qu'en général, commenter c'est participer aux vents du globe. A part dans certains milieux où l'hôte met un point d'honneur à répondre à (presque) tout le monde - titanesque parfois -, la plupart du temps c'est le silence, que j'avais tendance à interpréter comme un "si c'est pour dire ça, tu peux te taire steuplé ?" ou un "j'te connais pas en vrai, la ferme" (et les cochons, mais tu peux pas comprendre).

Bon, n'ayant rien à perdre en m'amusant à trouver le style de commentaire qui pourrait faire réagir positivement l'auteur de la note, je me suis mise à parasiter pas mal de blogs, à trouver des compères et des commères, et même, parfois, c'était pour dire des trucs sérieux.


Les chiens non plus ça parle pas
(ça fait très bien tapis par contre)

Pis j'en suis arrivée au fameux "à quoi bon ?", commenter comme ça, c'est un peu parler dans le vide, avec des gens qu'on ne connaît pas. Mais commenter c'est aussi faire connaître son blog, et en découvrir d'autres, un petit réseau de curieux furetant chez les uns et les autres au gré de commentaires n'ayant pas laissé indifférent.
Sauf que je ne commente pas pour faire connaître mon blog, je préfèrerais qu'on y arrive en googlant "La nuit du chasseur" plutôt qu'en cliquant sur "la greluche a dit" (lève les bras) - même si je t'aime bien mon ATOMisé(e)(tu es pour moi une énigme, qu'est-ce que tu fous là didonc ?!).

Surtout que des fois, 'y a des ratés, mes commentaires que je veux avant tout sympas voire constructifs sont mal pris, mal interprétés et je m'en veux terriblement, et je me dis que j'aurais pu me taire.
Même une absence de réponse (alors qu'un commentaire n'appelle pas forcément une réponse) me fait parfois douter de sa bonne réception.
Je te raconte pas quand Kek m'a publiquement anéantie, j'ai beau être une greluche anonyme, j'étais trop mal (même si après j'ai bien rigolé).
Ca fait réfléchir.
Depuis, j'ai tendance à moins commenter, à part chez ceux qui, je crois, ont bien compris mes bonnes intentions. Mais quand même, il y a toujours cette crainte de la susceptibilité chatouillée, de tout dire de travers, d'avoir mieux fait de me taire. Surtout qu'on ne me demande rien.


Les ânes ça parle pas, mais qu'est-ce que ça entend
(surtout avec une 3ème oreille)

Tout ça pour dire que je me tais de plus en plus, ou que j'en dis très peu quand je voudrais en dire beaucoup, par respect et aussi par crainte qu'on me reproche de prendre trop de place, quitte à avoir l'impression de "voler" ceux que je lis sans leur donner le change.

Alors ici, tu commentes si tu veux, comme tu veux, la (sur)vie de ce blog ne tient pas tant au nombre de commentaires ou de visiteurs (je n'en ai d'ailleurs aucune idée) qu'à mon envie de consigner quelque part un petit morceau de réflexion à un moment de ma vie, dans la note et aussi dans les commentaires qui parfois deviennent plus longs et plus profonds que la note elle-même, le débat amenant la réflexion, et j'aime ça :)

*clin d'oeil involontaire à Dolly

08 mars 2007

Femmes croisées

En cette "Journée de la Femme", voici pour toi un petit jeu permettant d'en croiser quelques-unes à Montparnasse.

Malheureusement "les années Montparnasse" est une époque révolue, ce quartier est désormais arpenté par les greluches (au moins une) mais il est encore un endroit où tu pourras retrouver ces p'tites femmes : c'est le mot mystère, recomposable à partir des petites cases bleu clair (ça fait un peu mal aux yeux, je sais).


clique et tu verras les réponses déjà trouvées


Horizontalement
  1. Restaurant au-dessus duquel la femme en d. et sa famille ont dû emménager dans son enfance.
  2. Qui est sur la photo ? ➙
  3. Femme délirante et maman de la petite Scottie (son prénom).
  4. Elle le trompait avec Sartre quand son mari était à la trompette (son prénom à l'envers).
  5. La plus grande brasserie de Paris, avec un dancing légendaire.
  6. Aujourd'hui moins courue pour ses bars et ses femmes que pour ses théâtres et ses restos.
  7. Muse de Picasso.
  8. Ecole qui a fait connaître la rue de la Grande Chaumière.
  9. L'un des quelques endroits appréciés d'Hemingway.
  10. Jeanne le rencontre au 1., vit avec lui près de 9. et se défenestre enceinte de lui le lendemain de sa mort.

Verticalement
  1. Ses yeux charment ce Louis qu'elle rencontre en 5. (son nom).
  2. A deux pas de 6., l'auteur de la photo en 2. et en e. y vécut.
  3. "The Lost Generation", c'est elle.
  4. Le prénom du Castor.
  5. Collectionneuse cochonne ? (son nom, à l'envers).
  6. d. surnommait ainsi son amie d'enfance.
  7. La femme Fontaine. (photo-indice ➙)
  8. Le soleil se lève aussi**** y a été écrit.
  9. Poupée de Chagall.
  10. Suivie de 5 à 7.
Comme il n'y a rien à gagner si ce n'est le plaisir d'être meilleur que machine et monjapon, tu peux jouer dans les commentaires, et même que je consentirai éventuellement à te donner des indices.

Dis-le qu't'es content(e).



Eh dites : évidemment, telle une greluche, il y a (eu) quelques quacks : les définitions de 8. et 9. étaient inversées, et d. e. et f. étaient décalés d'une colonne vers la droite, g. n'apparaissant pas...
Normalement, c'est réglé (et on admire Franck qui a malgré tout trouvé d. qui était placé en c. sans piper mot... :)

02 mars 2007

Le désert des tartares

Eh didon, ça fait un bail que j't'ai pas bassiné avec ma vie par procuration ! J'me retrouve avec un tas d'pellicules sur les bras maintenant !
Ah non ça non, il faut y remédier.
Surtout que j'avais pensé le faire la semaine du 11 décembre (2006), puis pour la nouvelle année (2007) mais sont arrivés les Césars, et maintenant les Oscars.

Alors la greluche est mignonne, elle va mettre sa robe à froufrous et elle va pas trop faire son intéressante avec ses critiques à la rendors-toi, j'te parle de la métaphore de l'amour foetal contenue dans le mur blanc de la dernière scène qui renvoie à la vue aérienne du début.
Non.

Ce soir, donc, je déclare ouverte la première CÉRÉMONIE DES TARTARES,
un concentré de tartines sur le tard.

Au programme : les nominés vus ces 6 derniers mois, trois catégories, un coup de coeur.

Dans la catégorie

Le tartare de boeuf
la recette garantie


Les nominés sont :
    - Million dollar baby** (2005) de Clint Eastwood, écrit par Paul Haggis-les-gros-sabots
    - Hors de prix** (2006) de Pierre Salvadori
    - Scoop** (2006) de Woody Allen
    - Walk the line*** (2006) de James Mangold
    - L'âge de glace II***(2006) de Carlos Saldanha
et le vainqueur est... je décachette l'enveloppe (elle s'tait cachée)...

"Walk the line"
avec Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon



Dans la catégorie
Le vieux tartare
la recette classique


Les nominés sont :
    - Mr and Mrs Smith* (1941) d'Alfred Hitchcock
    - Boulevard du crépuscule** (1949) de Billy Wilder, sans Hugh Grant et Divine Brown
    - Le Procès paradine*** (1947) d'Alfred Hitchcock
    - Le Chateau du Dragon*** (1946) de Joseph L. Mankiewicz
    - Le jour se lève*** (1939) de Marcel Carné
    - Les bas fonds de Frisco*** (1949) de Jules Dassin, le père de Joe, oui oui
et le grand gagnant est...

"Le Jour se lève"
avec Jean Gabin, et surtout Arletty



Dans la catégorie
Le tartare original
la recette surprise


Les nominés sont :
    - La rose pourpre du Caire ** (1985) de Woody Allen
    - Lady Chatterley*** (2006) de Pascale Ferran
    - Elephant*** (2003) de Gus Van Sant
    - Little Miss Sunshine***❤ (2006) de Jonathan Dayton et Valerie Farris
et le plus grand succès est remporté par...

"Little Miss Sunshine"
avec Toni Collette


Enfin

Le tartare spécial ail et fines herbes
fort en bouche, et pour longtemps

est attribué par coup de coeur à

"Little Miss Sunshine"



Tu sais c'qui t'reste à faire - si ce n'est déjà fait :)