21 mai 2007

3615 Cinéma life

Trêve de photos et autres p'tites notes vite lues, v'là une note de fond, et qu'elle est longue, et qu'elle est détaillée, j'te souhaite bien du plaisir... parce que moi, j'en ai eu à l'écrire, comme celle-ci et celle-là, immiscées mine de rien, oh oh si on peut plus plomber son blog, où va-t-on mon bon monsieur ?

Comme l'indique le titre, c'est de ciné dont il est question et aussi un peu de ma vie, comme d'hab', quoi. Ah flûte, il faut que j't'explique le titre.
Alors "life", ça veut dire "vie" en anglais, et il y a jeu de mots de talent entre une expression récurrente "3615 ma life" quand tu la racontes trop et le mot "Cinéma", qui finit par -ma, parfait pour l'enchaînement lexico-intertextuel (tu me feras une explication de texte CLAIRE de cet extrait).

Petite mise en jambe avec la critique lapidaire, mais comme j'suis (trop) sympa, je commencerai par les moins bons histoire de dissiper le stress croissant du prof qui remet les copies de la meilleure note à la moins bonne, voilà-j'en-étais-sûr-j'me-suis-tapé-une-sale-note-la-honte-devant-tout-l'monde-et-Papa-qu'est-
ce-qu'il-va-dire-merde-quelle-conne-c'te-prof, et on pourra tous admirer les meilleurs.

N'ayant pas vu de "Ca y est, tu as touché le fond, creuse encore", on passe direct aux pas top mais pas catastrophique quand même :

- [la critiqueuse était aigrie] Love actually* de Richard Curtis (2003) avec du beau monde qui se laisse regarder à condition de ne pas craindre l'indigestion de guimauve, et en fait, à part cette impression, je ne me souviens plus de rien si ce n'est d'Emma Thompson qui n'a pourtant pas un grand rôle. Allociné me dit qu'il y a aussi Hugh Grant, ça y est ça me revient, et Colin Firth aussi, mais pas Renée Zellweger. Oui alors si, ça y est, on pourrait parler d'un film-chorale* "bulle de légèreté" que beaucoup apprécieront, mais pas si on le voit à un moment où on trouve la vie, la vraie, carrément décevante et 'faudrait pas venir nous faire croire que c'est beau l'amour. (je préférais quand Curtis se cantonnait à la scénarisation de Quatre mariages et un enterrement, Coup de foutre à Notting Hill ou le Journal de Bridget Jones)
* sans Gérard Jugnot

- [la critiqueuse voulait du rêve] Quand j'étais chanteur* de Xavier Giannoli (2006) avec Cécile de France, Gérard Depardieu, Christine Citti et Mathieu Amalric. Une jolie affiche, une belle distribution d'acteurs, et pis c'est tout. Pas mauvais du tout pour traduire l'ambiance de loseurs qui finissent pas trouver que la lose à deux, c'est mieux que tout seul, oui bah merci mais à presque 26 ans, laissez-moi encore y croire un peu à la belle vie à deux !

Place aux "Pas mal, mais" :

- [la critiqueuse n'aime pas Clint Eastwood] Lettres d'Iwo Jima** de Clint Eastwood, donc (2006) et de très bons acteurs japonais. Deux heures dix-neuf du côté des Japonais lors de cette fameuse bataille d'Iwo Jima dont Mémoires de nos pères est le pendant du point de vue américain (je ne l'ai pas vu), auparavant traité par Allan Dwan dans Iwo Jima avec John Wayne (1949) et même trois acteurs ayant réellement participé à la bataille. Tout ça pour dire que c'est un très bon film de guerre mais Clint force encore trop sur les sentiments, pendant deux heures dix-neuf, et moi je résiste, je pleure quand je veux, d'accord ?! (et aussi, il y a avait une tête bien haute devant moi, j'arrêtais pas de faire la girouette, un coup à gauche, un coup à droite, pour pouvoir lire les sous-titres - mais pourquoi j'ai pas appris le japonais, moi ?)

- [la critiqueuse était amoureuse] Come back** ❤ de Marc Lawrence (2006) avec Hugh Grant et Drew Barrymore. Une comédie romantique avec deux acteurs excellant dans ce répertoire, fins, drôles et donc beaux, un scénario rafraîchissant, et on se laisse prendre au jeu de la pop revival, plus c'est ringard, plus on sourit. Et tout le monde sort de la salle avec un arc-en-ciel sur la tête. Ca mérite un coup de coeur :)

Maintenant, de la qualité...

- Un si doux visage*** d'Otto Preminger (1953) avec Robert Mitchum et Jean Simmons. Film impeccable d'un réalisateur renommé, et pourtant c'était la première fois que je voyais un de ses films... mmm un peu déçue j'avoue. D'une beauté glaciale à l'image de son héroïne, avec une très belle photo contrastée, je suis restée en surface de l'intrigue, hésitante devant le jeu de Mitchum : amoureux timide ou cynisme déguisé ? J'ai malgré tout cédé à l'inquiétude ambiante vu ma réaction à la sortie du ciné, l'impression d'être suivie, et ce n'était pas de la parano, oui oui, malgré mon allure rapide, "il" est arrivé à mon niveau, "le film vous a plu ?, je bredouille un "un peu déçue, au revoir !" et je bifurque dans une petite rue de traverse entendant au loin "Vous ne voulez pas prendre un verre ? ah...on dirait que non", ça va bien la flipette ? Ri-di-cule.

- Scandaleusement célèbre*** de Douglas McGrath (2006) avec Toby Jones et Sandra Bullock. Le même sujet que le Truman Capote de Bennet Miller (2006), l'enquête personnelle de l'écrivain pour l'écriture d'un roman-reportage au sujet du meurtre d'une famille et d'un des meurtriers dont il se rapproche afin de nourrir son inspiration, mêlant dangereusement la réalité et la fiction romancée, les faits connus et les confidences, au seules fins d'écrire le chef d'oeuvre qui le perdra. J'en sais plus sur l'auteur du Petit Déjeuner chez Tiffany (1958), pas franchement attachant mais formidablement dépeint par Mcgrath et admirablement joué par Toby Jones... il faudrait que je voie son "double" oscarisé (Philip Seymour Hoffman) pour pouvoir comparer, mais ce sera avec un certain a priori : les Oscars manquent souvent de simplicité, et là, justement, j'ai trouvé que les petites imperfections rendaient le film plus humain.

- The Queen*** de Stephen Frears (2006) avec Helen Mirren (Oscar de la meilleure actrice, si je commence à me contredire...), James Crowell, Michael Sheen. Très agréable surprise, beau travail d'acteur, pas dans l'imitation mais plutôt l'incarnation, et ça fonctionne bien, un scénario bien arrangé autour de la semaine qui suivit la mort accidentelle de l'ex-Princesse Diana, la réaction bouleversée du peuple anglais, celle, moderne, de Tony Blair fraîchement nommé Premier Ministre et surtout celle, beaucoup plus froide, de la Reine. Entre affection et incompréhension, Frears fait dans la finesse, et ça fait plaisir ! (voyons voir quelle sera sa Palme d'or puisqu'il est le Président du Jury à Cannes cette année)

- Les Bas-fonds***☺ de Jean Remoir (1936) avec Jean Gabin et Louis Jouvet, une adaptation de la pièce de Gorki (1902), on garde les noms russes mais ça se passe en France, après tout, là n'est pas l'important. C'est juste, intelligent et piquant comme du Renoir, avec les compères Gabin et Jouvet, quoi de mieux ? Des rires simples, des sentiments vrais, et puis c'est tout, et c'est très bien comme ça.
(paraît-il que l'adaptation d'Akira Kurosawa (1957) vaut aussi le détour)

- J'attends quelqu'un***❤ de Jérôme Bonnell (2006) avec Emmanuelle Devos, Jean-Pierre Darroussin. Un rayon de soleil où tout le monde est gentil, et ça sonne vrai. Franchouillard diront certains, n'empêche que le chassé-croisé scénaristique est bien équilibré, tous les acteurs ont leur place et l'occupent avec talent, on entre dans leur vie avec sensibilité et retenue... et puis j'adore Emmanuelle Devos. Donc coup de coeur, forcément :)

Enfin dans la cour des grands...

La Vie des autres**** de Florian Henckel von Donnersmarck (ça va être facile à retenir...)(2006) avec Ulrich Mühe, Martina Gedeck et Sebastian Koch. Un chef d'oeuvre à mes yeux, va le voir !
(même s'il a eu l'oscar du meilleur film étranger ;)





Sinon, j'aime bien traîner chez Goubliboulga, ça plaît à Maman, et sur Newbiemac, adresse refilée par Pénélope, pour chouchouter mon Mac (même que je découvre des trucs que je savais déjà faire, wow).

8 rebondissement(s):

la greluche a dit…

Ah ah, la bonne blague, Blogger avait décidé de mettre "ne pas autoriser les commentaires" par défaut. C'est sympa, j'commençais un peu à me prendre pour Florence Artaud, là, au milieu de rien...

a n g e l a dit…

j'aime bien la faute de frappe sur coup de foudre a notting hill


muf muf muf


^^'


(bah moi j'adore Love Actually hein, surtout pour Colin Firth, on ne se refait pas)

la greluche a dit…

Ah ouais, le beau lapsus clavieristique ! (surtout que le d et le t ne sont pas côte à côte sur mon clavier) Je le laisse, hein.

Et on va dire que c'est grâce à Colin Firth, l'étoile, alors :) J'aurais sûrement apprécié le film différemment si je l'avais vu dans d'autres conditions...

Monsieur Grabeuz a dit…

AUtant COup de Foutre à Nothing Hill, ç'est tendant, autant l'autre a l'air plutôt mou...

Il parait que Mamzelle Greluche s'amuse à cacher des nouvelles chroniques dans les anciennes...
Vous vous imaginez si les apotres avaient fait pareils, on serait pas dans la merde, (d'ailleurs on est pas dans la merde...)

En tout cas, je te trouve très photogénique, ton profil est aussi bien de face!

Monsieur Grabeuz

orange_drenka a dit…

MOI AUSSI J'ADORE LOVE ACTUALLY, t'arrêtes hein

Pis Teh queen, c'est carrément odieux envers le price consort et la Reine Mère qui sont complètement abrutis dans le film (heureusement, un lord anglais me soufflait dans le cou pendant ce film, /soupir/).

Abraham Kadabra a dit…

C'est dans les bas fonds qu'il dit "bizarre, vous avez dit bizarre, comme c'est bizarre" ?

Hein ?

Gros poutoux à tous les trois.

la greluche a dit…

Msieur Grab' > si tu continues à cafeter comme ça, j'vais t'appeler "La cafetière", t'auras plus qu'à fuir...

Et merci pour le compliment, sauf que c'est une photo de dos, mais bon.

Drenka > Oh bah non, j'trouvais justement qu'il y avait de la bienveillance dans le regard de Frears, acéré mais bienveillant, non ?
(en tout cas, j'en suis pas ressortie en détestant Eli ou Charlie, alors tout va bien :)

Ravie d'apprendre que tu t'approches de la chambre des lords...

Abraham Kadabra > Mais nan, c'est dans "Drôle de drame"*** ! (de Marcel Carné, 1937, avec Louis Jouvet et Michel Simon)
Mais va, j'te pardonne, c'est un p'tit bijou aussi, moins poétique mais plus drôle :)

Je t'embrasse fort fort fort :*

dragibus a dit…

ton profil Picasséen me fait très peur en fait
bon d'accord je vais voir "la vie des autres" c'est celui qui me paraît le plus engageant dans ta liste fleuve (je ne suis pas le seul à en faire donc..)