31 mars 2006

Les Cahiers de Brouillon du Cinéma

[article original ici, avec les commentaires]

Contrairement à ce que suggère le titre, The Deer Hunter n'est pas un film à la Supersize me où le BigMac serait remplacé avec dédain par des Daims, chocolats en vente dans tous les bons magasins Ikea (c'te pub... j'me demande si j'ai l'droit, tiens).
Non, c'est un film sur la chasse au daim, voire au cerf, à c'que j'ai vu.
Mais pas que.
Le titre français, Voyage au bout de l'enfer est plus explicite, donc moins bon, je trouve, et encore pas complètement approprié. Mais "La Chasse au Cerf", ç'aurait été difficile à dire, "Un chasseur de cerf chassant sacher doit savoir chasser...", pfff.
Stop, j'suis pas sûre que la critique d'un film doive s'étendre autant sur le titre.
Oui bah hein.

Bien, il est temps d'entrer dans le coeur du film. Le coeur du film, quand je l'ai vu au Quartier Latin,
ouais ouais, avec barrage de CRS :
    "Mademoiselle, vous allez où ?
    - Au Quartier Latin.
    - Vous vous foutez d'moi ? On y est !
    - Francis, c'est le nom du cinéma, derrière toi
    - Ah ok. Bon, ouvrez votre sac, voir.
    - Hein ? Encore ? Ca devient du voyeurisme pervers !" (non, ça, en vrai, je l'ai pas dit)
le coeur du film, donc c'était rien.
C'est-à-dire un blanc de dix bonnes minutes le temps de changer la bobine ou de la scotcher, je sais pas. Pile-poil à un moment où que j'allais peut-être, je dis bien peut-être, verser une petite larminouillette.
Oui, oui, elle avance mon histoire, elle arrive ma critique.

Alors le film de Cimino, moi, je croyais que c'était un documentaire sur le bon chasseur et le mauvais chasseur sur la guerre du Viet Nam, comme Apocalypse Now***? - redux*** et pas **** notamment à cause de l'épisode avec la famille française qui est "nullissime" ai-je noté sur mon guide des films.
Bizarrement, j'ai du mal à me souvenir précisément du film de Francis Ford Coppola, ma mémoire y associe l'épisode de Bardamu en Afrique dans Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. Mais ouf, ce n'est pas si absurde que ça quand je lis la fiche du film : le scénario de Coppola est inspiré du roman Heart of Darkness de Joseph Conrad, dont l'action se situe au Congo à la fin du XIXème siècle.
Chronologiquement, on a :
- "Au coeur des ténèbres" (1898),
- "Voyage au bout de la nuit" (1932),
- "Apocalypse Now" (1976-77 pour le tournage, 1979 pour les Oscars),
- "Voyage au bout de l'enfer" (1978)...
J'comprends mieux pourquoi ce titre a été choisi pour la France.
Et ma trouvaille n'en est pas une puisqu'ici, il est clairement dit que Céline s'est inspiré de Conrad. Sapristi.

Se présente donc à toi l'occasion de montrer que tout c'que j'ai dit et que je vais dire est en fait un assemblage d'idées déjà émises, et que ça sert à rien.

Apocalypse Now, c'est le Viet Nam et rien que ça. Vu et vécu par des Américains, avec la rage et le devoir d'aller jusqu'au bout, sur fond de Chevauchée des Walkyries. Oui, Wagner, c'est bien le genre de la maison.
Cimino, c'est un autre style, mais à l'époque, on ne le savait pas vraiment, et moi non plus. Je savais qu'il a réalisé le fameux Heaven's gate (1980) - que je ne consentais à voir qu'après The Deer Hunter, question de respect de la chronologie.
Si Jacques Lourcelles, dans son Dictionnaire du cinéma écrit :"Cimino tente de bâtir un cinéma épique et wagnérien", je réponds oui mais non. C'est vrai, j'ai vu le film comme on écoute une musique, j'ai entendu des mouvements changeants et toujours pénétrants, forts, puissants, mais ni belliqueux ni conquérants comme du Wagner. Je pense plutôt à Beethoven ou Chostakovitch, mais ça n'est pas tout à fait ça non plus.
On dirait que ce serait une symphonie, mais pas classique, en trois parties, d'accord ?


Le début est chaleureux et entraînant, d'une longueur envoûtante (la "scène" du mariage, de l'Eglise à la fête, est d'abord descriptive et didactique, puis incite à la contemplation. Arrive un moment où le spectateur réalise que ça dure encore et encore, et le charme opère, la scène devient captivante, prenante, dépassant le réalisme pour plonger dans l'impressionnisme), et déjà incrusté de violence : le travail à l'acierie (le bruit), la colère de la mère de Nick qui ne veut pas qu'il se marie (les cris, les coups), le père de Lynda qui la frappe (les coups), les choeurs au chant trop authentique, imparfait, la dureté de la vie dans cette ville ouvrière (l'usine omniprésente, le froid), la rude camaraderie entre les hommes, la chasse, et bien sûr le spectre du départ à la guerre de trois d'entre eux deux jours plus tard, laquelle éclate avec autant de force que ce qui précède est charmant.
Violence d'abord physique, sonore : l'attaque de la ferme viet-namienne, la grenade jetée dans la tanière où se sont réfugiés des civils, l'acharnement de Michael sur un homme archi mort, le feu, le bruit des armes, de l'hélico, l'assaut ennemi, qui s'installe dans une torsion mentale absolument déroutante : les conditions de détention, l'eau, les rats, la torture, les cris des tortionnaires. A tant jouer avec le feu de la folie, si longtemps encore : la roulette russe, le spectateur consent presque à perdre pied.
La vie sort finalement victorieuse de ce conflit face à la mort, mais au prix d'une morbidité désormais prégnante, imprimée dans son sein : Les trois amis s'en sortent, mais pas indemnes.
Steven, apparemment le plus fragile psychologiquement, est amputé des deux jambes et d'un bras,
Nick, plus fort, verse finalement dans la folie,
et Michael, le plus solide, s'en tire avec l'impossible à dire, à communiquer. En fin de compte, cette expérience renverse les rôles : Steven, en se mariant, était le plus "normal", conventionnel, et craque le premier ; Nick, avec sa demande en mariage à Linda, suit le même chemin, et perd le contact avec la réalité ; et Michael, alors qu'il était le moins intégré dans la communauté (ne fait pas le signe de croix, boit au lieu de flirter, n'accepte que la présence de Nick pour l'accompagner à la chasse), l'"anormal", le fou en quelque sorte, apparaît comme le plus sensé, le plus lucide.
.
La paix d'avant, celle avec laquelle on s'arrangeait, est définitivement perdue, et perpétuellement menacée comme le symbolise le geste impulsif de Michael, risquant de tuer son camarade lors de la deuxième partie de chasse. Ce geste prolonge la scène où, comme hanté par son expérience de guerre, il s'accroupit, les mains jointes, en position de détenu, donc fragilisée.
Pour tenter de s'en prémunir, certains veilleront avec lucidité, à garantir cette harmonie, à la garder en tête en permanence Michael, une conscience de guerre ? ; d'autres s'en remettront sans grande conviction à une force supérieure, divine (le God bless America de la fin).


laisser-passer : si t'as vu le film


Plus précisément, la structure apparaît organisée en cercles concentriques.
  1. Le cercle le plus large, celui qui ouvre et ferme le film, est celui de la communauté dont sont issus les personnages principaux, immigrés slaves de première ou deuxième génération.
    • Les scènes relatives au mariage sont montrées dans leurs moindres détails notamment grâce à une utilisation du temps inhabituelle au cinéma, toujours plus long qu'il n'est nécessaire pour que le spectateur comprenne ce dont il s'agit, mais d'une durée juste pour qu'il baigne dans la culture où s'enracinent les héros, ce qui le rend plus capable d'empathie envers eux et ce qu'il va leur arriver.
      On se surprend à sourire en voyant les témoins Linda et Michael porter maladroitement les couronnes au-dessus des têtes des époux, on s'amuse de la méprise d'une jeune femme "coincée" croyant que Michael lui fait les yeux doux alors qu'il s'adresse à Linda, on est attendri par les deux petits vieux endormis à l'écart des fêtards...

    • En écho au mariage, le film se referme sur les funérailles, cérémonie traditionnelle rassemblant les mêmes personnes à l'Eglise.
      Mais il me semble qu'il est moins fait référence à la tradition de la culture d'origine, comme si cette guerre avait rendu indispensable la construction d'une identité américaine (patriotisme sans lequel cette guerre, ses malheurs, n'aurait pas de sens), comme si le rappel des profondes racines - coupées par l'acte d'émigration - ne garantissait plus d'assises suffisamment solides. Dès lors, les héros chantent "God bless America" du bout des lèvres, puis en choeur, et l'on peut y voir naître l'espoir d'un avenir meilleur pour et avec la terre d'accueil (sinon c'est la désillusion, le vide, l'absurde, la mort), mais aussi une critique des Etats-Unis partis en guerre trop sûrs d'eux, aveuglés par leur puissance (divine ?) fraîchement prouvée au monde entier, encore animés par un esprit de conquête (le far far west), et qui devraient plutôt veiller sur le peuple comme le pays demande à Dieu de veiller sur lui.

  2. Un cercle plus resserré se forme autour des hommes, cinq exactement.
    • Il est esquissé avant le mariage à la sortie de l'acierie et au bar, et prend de l'épaisseur à l'occasion de la journée de chasse. Les caractères se précisent, on devine les relations tissées entre les uns et les autres.
      Entre-temps prend place la scène réunissant Michael et Nick parlant de la guerre qui les attend tous les deux, dialogue à bâtons rompus sans doute facilité par l'ivresse de Michael, nu, moins dans la retenue, relâchant la pression avant de devoir vivre avec elle au Viet-Nam. Nick demande à Michael de faire en sorte que s'il lui arrivait quelque chose, son corps soit rapatrié ici, dans cette petite ville minable, chez lui ("go home"). Et Michael lui demande de l'accompagner à la chasse, témoignage de profonde amitié et de confiance (les autres sont des cons).

    • Parmi les trois appelés, Steven est le moins viril. Il a épousé Angela parce qu'il l'aime, et parce qu'elle est enceinte - d'un autre. Il ne l'a jamais touchée.
      Nick est plus mystérieux. Sa demande en mariage à Linda sonne plus comme l'envie du moment, dans le feu de la fête, sous la pluie de symboles culturels, que comme une décision sûre et réfléchie.
      Michael, le héros central, semble le plus impénétrable, mais Cimino nous aiguille par quelques détails le rendant proche de nous malgré son côté taciturne, son exigence à l'égard des autres et de lui-même, sa rudesse.

    • La fermeture de ce cercle répond à son ouverture : à nouveau l'aciérie, la partie de chasse. Mais rien n'est plus pareil.

  3. Le cercle central est celui de l'homme seul face à lui même, dans la situation extrême qu'est ici la détention aux mains de tortionnaires excités par le jeu de la vie et de la mort, n'y accordant que le prix de leur mise à la roulette russe.
    • Le lien peut être établi avec deux scènes de chasse qui se répondent, lorsque la première fois Michael tue le cerf au prix d'une seule balle, comme il s'en est fait une devise, et la seconde fois, où il renonce... le coût de la vie est-il inestimable ou sans valeur ?
      Cimino fait une autre fois le parallèle entre la chasse et la guerre, avec deux plans, l'un lors du retour des chasseurs avec le cerf harnaché sur le capot de la voiture, l'autre quand Michael dépose Nick, blessé, sur le capot d'une jeep de Viet-Minh au milieu de la foule en exode vers le Sud.

    • Steven est le premier à ne plus pouvoir faire face. La peur est trop envahissante, et il s'en sort miraculeusement et grâce à Michael. Sa solitude devient celle de l'invalide, préférant une vie végétative à sa famille, dont il faudrait affronter le regard de pitié.
      Nick supporte l'atroce réalité tant qu'il faut, mais une fois la tension abaissée, il trouve refuge dans la folie. Folie du jeu avec sa propre vie, solitude du fou noyé dans son délire - il ne fait même pas ça pour l'argent (qu'il envoie à Steven).
      Michael, enfin, garde la tête haute, les yeux vers l'avenir, un avenir qui devient présent, un présent déchiré par son passé de vétéran. Comme avant, il préfère la solitude, il ne veut pas de cette petite fête organisée en son honneur, un honneur qui lui en a bien trop coûté.
Et si Michael, c'était ce que Cimino voudrait que l'Amérique soit ?
Capable de se regarder en face, d'exiger d'elle-même une droiture, force tout contre laquelle son peuple pourrait grandir, une Amérique humaine, qui n'oublierait personne, qui partagerait sans attendre de retour, et qui ne frapperait que si le coup était sûr et sensé ?
Une Amérique puissante qui s'autoriserait à se mettre à nu, à se montrer authentique devant les autres pays de confiance, sans jouer le rôle de l'Etat modèle ?
Une Amérique humble et modeste, réellement grande en somme.


Ayé, tout le monde peut lire


En fin de compte transparaît la ligne directrice du film : dans un contexte historique, le passage progessif de la fresque sociale d'un milieu précis à l'analyse psychologique des personnages principaux.
C'est peut-être la raison pour laquelle, moi, une fille, je préfère ce film de guerre à Apocalypse now, très construit mais moins sensible.

Avant de terminer, il serait dommage de ne pas parler de la distribution des rôles. Pour les plus connus, Robert de Niro (Michael) est encore parfait, Christopher Walken (Nick, ci-contre) a bien mérité l'oscar du meilleur second rôle en 1978, et Meryl Streep est trop bonne (actrice).

Ah, et aussi, c'est très très long.
Les Monsieur Ronchon diront : "han, le mariage, on aurait pu y aller, on y est presque en live, c'est quand la guerre ?!" (ils finissent par être servis).
Les Madame Sourire seront ravies du détail du mariage, justement, mais trouveront les deux autres parties un peu trop violentes, "Si j'avais su, j'aurais mis du mascara waterplouf !"
Les Monsieur et Madame Radin regretteront tout le long le prix exhorbitant du ticket ou bien seront satisfaits d'en avoir pour leur argent, "Trop cool, c'est comme deux ciné pour le prix d'un".

Conclusion : vois ce film, et si t'es déçu(e), hein ? quoi ? j'entends pas !

Messieurs les gens des Cahiers du Cinéma, j'ai fini.
Laché vo com'.



Et maintenant, les commentaires





Le p'tit bleu de izard...

"Lachez vos com'", vraiment ?

Bon, j'ai lu 40% de ton post, et je le reprendrais plus tard (demain, je travaille, moi madâmeuuuu).
Le titre est top : les cahiers de brouillon du cinéma, c'est magnifique.
Evidemment, c'est long, mais pour ce que j'en ai lu pour l'instant, cela me plait et me semble intéressant.




Le p'tit bleu de izard...

Voilà, j'ai fini !

Une petite critique très personnelle, je trouve.

Le système de texte à surligner passe bien, en fait.

Sinon, pour le fond, va falloir que je vois le film, mais les films de guerre me rebutent toujours. Je ne sais pas par quel miracle j'ai vu Apocalypse Now (et je n'ai pas réussi à voir la Ligne Rouge, alors que tout m'y pousse pourtant - sauf que c'est un film de/sur-la guerre).




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

N'aie pas peur de passer de l'autre côté de la barrière, moi, j'ai pas regretté (ai-je besoin de le redire ?)




Le p'tit bleu de Groucho Marx...

Dans une logique très vile, je pensais que tu aurais peut-être intérêt à inclure des liens amazon vers les films/livres/cds que tu cites.

Si tu as compulsé l'acte d'achat chez certains, pourquoi ne pas en recevoir le crédit spirituel ou bassement mercantile ?

Il me semble qu'Amazon favorise ce genre de partenariats, renseigne-toi !

PS : on ne devient pas très riche, rassure-toi :)




Le p'tit bleu de Qui...

Après avoir erré sur Wikipédia, je suis tombé sur un article de Frank Schalk, un grand du cinéma ou je ne sais plus, que j'ai trouvé passionnant : il explique en quoi Taxi Driver (1976) pourrait être une suite antérieure au Voyage au bout de l'Enfer (1978), ou du moins comment DeNiro aurait imaginé le personnage de Michael comme le précédent Travis.

Je te laisse lire l'article en entier parce que l'auteur expliquera tout ça beaucoup mieux que moi.

C'est terrible, mais pour moi, Taxi Driver vient d'éteindre la lueur d'espoir sur laquelle se termine Voyage au bout de l'Enfer.




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Groucho Marx > C'est un honneur, Monsieur, mais... je vous croyais mort !

Concernant votre idée, je ne sais pas si Karl la trouverait à son goût...
Moi, non : je ne cherche pas à susciter l'achat compulsif mais à donner envie.
Consommer n'oblige pas à acheter... les médiathèques, c'est bien pour tout le monde :)

(Maître Capello et Alain Rey se joignent à moi pour dire : Attention, "compulser" n'a rien à voir avec "compulsion" et vous souhaitent bien l'bonjour)


Qui > Merci ! J'ai pas Word, mais dès que je peux, je le lis. Si j'ai des trucs à dire, ça se saura :)




Le p'tit bleu de Mac...

Mais on peut le lire avec Page, avec TextEdit, etc... :)

Et pour terminer, si tu mets les liens vers Amazon tu auras une trace de l'envie que tu suscites en plus des centimes générés par l'achat !




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Le commentaire le plus long et le plus intéressant :

Voilà, c'est lu. C'est invraisemblable.
J'ai du mal à accepter l'idée que l'auteur puisse imaginer avec autant de conviction que De Niro a travaillé son rôle comme ça.

Il effleure l'approche psychologique, et s'il allait au bout (dans la limite des éléments diagnostics donnés dans les films), il verrait que ça ne tient pas debout, en tout cas pas suffisamment.
Ses arguments sont tous démontables :/
Exemple, pour n'en donner qu'un..., sur le maniement des armes : sa passion pour la chasse - la dernière étant programmée juste avant le départ à la guerre, comme une préparation psychologique, un déstresseur - et sa discipline aideront Michael à faire face, au Viet-Nam. A son retour, l'épisode de roulette russe avec Axel pourrait être le signe d'un syndrome de répétition. Par contre, Travis a une passion psychopathique des armes, peut-être déclenchée par la guerre, mais pas de l'ordre de la névrose.
Ils ont et vont péter un câble, mais pas sur le même versant : l'un psychotique (j'hésite entre l'état limite ou la forme psychopathique de la schizophrénie... j'me souviens plus hyper bien de Taxi Driver), l'autre névrotique (sur vague fond de personnalité obsessionnelle, Michael pourrait être sujet à une névrose traumatique, mais on n'en sait rien. En tout cas pas à la folie de Travis).

C'est bizarre parce que malgré ses bémols (c'est le même acteur, le même événement marquant et la même époque de réalisation), F. Schalk fantasme complètement sur De Niro, et paradoxalement, en l'analysant avec admiration, il rabaisse son talent, comme si l'acteur n'était pas capable de se détacher d'un rôle pour en composer un autre, certes proche, mais différent.
D'ailleurs, F. Schalk le dit lui-même : s'il y avait un rapprochement à faire entre deux personnages des deux films, ce serait entre Travis et Nick. Pas Michael.

Donc je comprends que l'auteur fasse le lien entre ces deux films sur lesquels De Niro a mis sa patte, mais pourquoi pas aussi relier New York New York, par exemple (toujours l'understatement du jeu, et une scène en particulier très ressemblante avec Taxi Driver) ?
Ou même Vol au-dessus d'un nid de coucou (le traitement de la folie) ?

Voilà, cette lecture est intéressante, mais pas du tout convaincante. Dommage, 'y avait du travail :)




Le p'tit bleu de Qui...

DeNiro aura fait le rapprochement entre les deux personnages, cela ne fait aucun doute à mes yeux.

De toutes façons, F. Shalk n'a jamais dit que Taxi Driver était une suite logique de VABE. Il a simplement relevé les ressemblances entre les deux films, sans en faire des réalités formelles, et essayé de voir dans quelle mesure ces similarités ont pu imprégner le personnage de Michael.

Ce qui est intéressant c'est de voir que pour DeNiro considère le rôle de Michael comme le plus gratifiant de sa carrière, "rewarding" pour être exact, que je n'arrive pas à traduire là tout de suite.

Et justement, je crois que ce sentiment d'accomplissement il ne l'aurait pas eu s'il n'avait pas incarné Travis auparavant.

Pour finir, Shalk ne dit pas que le traumatisme de Michael serait causé par la guerre, mais par le suicide de Nick. C'est ce drame qui serait pour lui à l'origine de la descente aux enfers de Travis.

Sinon je ne vois pas trop le rapport avec Vol au dessus d'un Nid de Coucou, vu que c'est Jack Nickolson qui en est l'interprète :)




Le p'tit bleu de Qui...

... ce qui ne me dispense pas d'écrire son nom correctement, Nicholson. Voilà.




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Que De Niro ait pu faire le rapprochement entre les deux personnages, ok, deux rôles portant sur une vie traversée voire rompue par la guerre du Viet-Nam, à 2 ans d'intervalle, ça force le rapprochement. Seulement, De Niro, moi, j'ai pas son avis (je ne sais pas à quoi renvoient les (2) de l'article), et surtout, s'il avait joué le rôle de Nick, et que Michael avait pu ramener Nick au pays, là, ok, j'aurais admis la linéarité de l'évolution de la personnalité de Nick-Travis (largement quand même).

Mais là, Schalk formule d'une façon outrageuse une "hypothèse" : "It is entirely possible that DeNiro approached his role as Michael with Travis Bickle firmly implanted in his subconscious. In essence, it is conceivable that they are both the same character in the mind of DeNiro, only during different stages in the amalgamated character’s life (j'espère que non ! En tout cas, ça ne se voit pas). Incidentally, DeNiro considered his role as Michael the epitome of his career, because in a way, he explored the general character of the Vietnam vet with a humanity and a spark of hope that was unmistakably present in the Deer Hunter.(2)"
Il ne parle donc pas des similarités du personnage de Michael avec Travis (qui d'ailleurs, sont dues au scénario a priori, pas à l'acteur...), mais de l'amalgame +/- conscient (on ne sait pas : "subconscious", "mind" c'est pas pareil) qu'aurait fait De Niro. Qu'est-ce qu'il en sait ? Comment peut-il se permettre de l'affirmer sous le couvert de l'hypothèse ? Ce serait une question, à la limite.

Schalk parle de similarités, mais on ne sait jamais vraiment lesquelles "a type of role with a kind of familiarity" et "the same type of character" par exemple.
Bon, donc c'est le rôle (la forme), ou le personnage, sa personnalité (le fond) ?
D'ailleurs, il mélange les noms d'acteurs avec ceux de leurs personnages (Meryl Streep), c'est limite.
Plus loin, il écrit "With the role of Vietnam Veteran, DeNiro’s Travis Bickle and Michael share much of the same personality attributes and values in varying degrees. Its as if Michael was a more purely noble and heroic precedent and Travis Bickle was the resulting embittered, psychologically corrupted antecedent to the same person."
Je ne suis pas du tout d'accord, je l'ai déjà montré.

J'ai plutôt l'impression que c'est lui, Schalk, qui fait le lien parce que c'est le même acteur (et "Vol au-dessus d'un nid de coucou", je proposais de le relier, justement pas par l'identité d'acteur mais par la similarité d'un des thèmes traités : le milieu psychiatrique et la psychose) et qu'il essaie de trouver les arguments objectivant son ressenti. Sauf que les arguments ne sont pas pertinents à mon sens. Je comprends qu'il puisse relier ces deux films (je ne l'aurais pas fait, je trouve ça intéressant), mais sa démarche est maladroite.

Quant à De Niro, ce qu'il dit de ce rôle, je ne sais pas si c'est un sentiment ou un constat. Avoir le rôle d'un bon héros, secret et physiquement éprouvant, dans un film qui aborde un thème chaud pour l'Amérique, et peut-être sensible pour lui-même (son entourage ?), c'est gratifiant. C'est même hautement oscarisable. De là à parler de "sentiment d'accomplissement" (au regard des ses autres rôles), je ne sais pas.
C'est ça le problème, on ne sait pas. J'ai l'impression que Schalk interprète tout pour confirmer sa thèse plutôt que d'y aller finement, en discutant. "DeNiro may have felt that the level of compassion he brought to Michael was a way of rectifying the thouroughly detached and alienated Vietnam vet character that essentialized Travis Bickle."


"Pour finir, Shalk ne dit pas que le traumatisme de Michael serait causé par la guerre, mais par le suicide de Nick. C'est ce drame qui serait pour lui à l'origine de la descente aux enfers de Travis". Ok, il dit : "After experiencing the triple entendre of the trauma of armed combat, losing his best friend, and failing to connect with the woman of his choice, Michael leaves to New York to start his life over. "
Ce qui pourrait avoir valeur de trauma chez Michael, ce serait la guerre, à quoi se surajoute la perte de Nick, son seul véritable ami.
D'abord la guerre : il n'est pas top niveau à son retour, il joue le prisonnier, accroupi dans sa chambre d'hotel, il porte le silence des traumatisés de guerre, et pour moi, l'acte de retourner là-bas n'est pas tant une attitude héroïque ou amicale que le besoin compulsif d'y aller, comme une nostalgie, un "go home" renversé. Le "home" de la violence de la guerre ou le "home" qu'est Nick ? Qu'était Nick. Lui, il a basculé, son "home" est désormais clairement la roulette russe. Si Michael est traumatisé par la perte de Nick, ce n'est pas par sa mort, mais par sa dépersonnalisation. (et concernant son échec sentimental, ce n'est pas un échec, c'est un impossibilité. C'est quelque chose en lui qui dit non, pas elle)

Conclusion : cet essai est intéressant à critiquer, comme souvent dans les bons films, plus on analyse, plus on se rend compte que tout le monde n'a pas perçu le film de la même façon...
Mais je reste campée sur mes positions :p




Le p'tit bleu de Qui...


Bon, je n'ai plus le courage de relire l'article.

J'aimerais comprendre ta position concernant l'impact du rôle de Travis sur celui de Michael...




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

N'ayant pas l'occasion d'interviewer De Niro sur sa méthode de travail et sa vie à l'époque, je ne tiens pas à prendre une quelconque position.

J'imagine que le fait d'avoir joué Travis pourrait avoir le même impact sur le jeu de De Niro en jouant Michael que si Evelyne Dhéliat avait été météorologue avant de présenter la météo à la télé.
Sensibilisé par la première expérience, il pourrait avoir été plus rapide à la juste interprétation de son rôle, on est dans le même domaine thématique (un soldat Américain au Viet-Nam), mais pas le même domaine de compétences.

Rien de plus - à moins qu'on me le montre pertinemment...


29 mars 2006

Accro chez les étoiles

[article original ici, avec les commentaires]

Il y a des films qui me touchent parce qu'ils abordent des points auxquels je suis particulièrement sensible. Souvent, j'peux pas m'empêcher de leur coller au moins ***. Si en plus la réalisation est remarquable, alors je mets ****. C'est par exemple le cas de The Philadelphia Story (Indiscrétions)**** de George Cukor (1940).

Et puis il y a des films géniaux, oeuvres de génies, des films qui marquent parce qu'au plan technique, tout est magistralement conçu, même le jeu des acteurs.
Oui, soit la distribution est admirablement servie, soit c'est le tout qui rend l'acteur excellent, qui le transcende.
Ces films-là aussi, je leur accroche ***. Une quatrième s'y ajoute si j'ai été émue sans m'y être attendue.
C'est la différence entre Citizen Kane*** d'Orson Welles (1940) et The Deer Hunter (Voyage au bout de l'enfer)**** de Michael Cimino (1978).

Les premiers font partie de moi, j'y pense sans le vouloir, et comme une amoureuse, je les garde pour moi. Pas jalousement, c'est simplement que je ne voudrais pas les placer sous le feu de la critique des personnes auxquelles je tiens. Voir quelqu'un que j'aime s'endormir devant Eternal Sunshine of the Spotless Mind**** de Michel Gondry (2004), ça me fait mal.

C'est peut-être aussi pour ça que je vois toute seule les films dont tout le monde ne parle pas.

Les seconds (les deuxièmes pour les puristes), j'ai envie de les décortiquer pour comprendre pourquoi un film a priori si loin de moi a pu me captiver autant. La tête avant le coeur, mais le coeur y est. J'admire la prouesse technique, les trouvailles, la virtuosité du style, et le travail qu'il en a certainement coûté.
Définitivement un film de réalisateur, pas un film de producteur qui rassemble les acteurs au top, le scénariste reconnu et tout le tralala pour que la recette soit bonne. Le gâteau ressemble alors à ces superbes pâtisseries qui ne sont bonnes qu'à voir, trop de raffinement, pas assez du goût de celui qui porte le film, le fait naître.

Récemment, j'ai vu The Deer Hunter, et pour ma prochaine note, j'essaie de trouver comment en faire une critique à la hauteur sans pour autant risquer de gâcher ton plaisir si tu ne l'as pas encore vu, puisque dès que tu le pourras, tu le verras, petit chenapan.



Et maintenant, les commentaires





Le p'tit bleu de Quelqu'un (non, pas Izard, pourquoi cette question ?)...

Oui, s'il te plait, on veut des critiques et des analyses de films !




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

AAaaaahhh c'te pression, ouh lou loup, ouvre ta gueule, j'arriiiive !
(pas tout de suite encore, je dors et je cherche des images qui me plaisent)


28 mars 2006

Mon cul, ui !

[article original ici, avec les commentaires]

Il y a de fortes chances pour que tu m'trouves intello.

T'aurais pas tort : j'suis ni exceptionnellement intelligente, ni particulièrement intellectuelle, j'ai juste recours au mécanisme de défense bien connu des tests projectifs : l'intellectualisation.
Voilà, tout est dit dans cette phrase que j'aurais bien assortie d'une pointe d'humour pour pas trop faire intello, à prononcer des gros mots freudiens, mais je me mets toute nue devant toi - j'me trémousse un peu parce que j'ai un p'tit peu honte quand même - et j'ai pas (trop) peur de c'que tu peux penser.


Soudain, je pense à toi si tu es un nouvel arrivant ('va plus y avoir assez de chaises :/ ).
Ben tant pis, au revoir D.

Ca, c'est dit, maintenant, je peux faire une note style "Les Cahiers du Cinéma" version greluche intello (cela dit, la boîte de production "Les Films de la Greluche", c'est pas moi, et c'est tant mieux pour eux), mais non.

Enfin si, mais pas céans : ça va encore être un truc du genre interminable qui ne pourrait circuler qu'entre minables, mais je veux pas que tu sois minable, c'est trop dangereux, et pis les mines antipersonnel, c'est un truc de Communistes, c'est ça ? C'est pour la jouer plus collectif ?

Bref, qu'est-ce qu'on rigole.

Donc je m'en vais me prendre pour une journaliste-critique de cinéma-qui s'la pète, mais pas de travers.
Je reviendrai... i



Ah, et sinon, les 53 toi qui ont consulté mon profil, ouais, j't'ai vu parmi eux, tu t'es barré à coups de marqueur ou bien tu fais le timide des commentaires qui sait comment se taire ?
Nan parce que j'sens que vu comme j'suis partie, ça va finir en fiches de lecture, de voyure, d'écouture, d'Epicure sans doute très utile au cazoù j'saurais plus qui j'suis, mais surtout très très pas intéressant pour toi.
T'as l'droit de critiquer, hein, j'suis super ouverte comme fille, j'aime les brocolis.



Et maintenant, les commentaires





Le p'tit bleu de izard...

mon dieu !




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Etant de sexe féminin, j'aime autant que tu t'exclames :
"Ma déesse !" (elle est garée dans le garage, Papy)




Le p'tit bleu de Part en thèse...

Calomnies, calomnies ! Ce blog n’a pas diffamé jusqu’ici (ne l’a pas non plus écrit, j’ai vérifié), mais là Gorgone, je dis Zola ! Les mines antipersonnel ne sont pas suppôts du communisme (la preuve ? ça ne sent pas l’eucalyptus quand on marche dessus). En hachant la personne individuellement, elles favorisent la division (pas qu’un peu) et font donc le lit du capitalisme. Ne crois pas la propagande thatchero-obispienne qui en prétendant éradiquer les mines, les a rendues mauvaises.

Communiqué du porte-parole autoproclamé de la 28e section tuvaluanaise de la 16e internationale post-socialiste, tendance Sharon Stone.




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Tu crois vraiment ?

Pourtant, 'y qu'les Cocos qui puissent être contre le recours au personnel de maison, nan ?

La Gorgone demande à parler avec Sharon, si possible pas trop stone (non mais !)




Le p'tit bleu de Part en thèse...

Tu es télépathe et tique ?
J'en avais une sur les auxilaires ancillaires opprimé(e)s (tu remarqueras la PCness).


25 mars 2006

Le monde est Stone

[article original ici, avec les commentaires]

En général, j'suis pas fille à faire des généralités (ou alors si ma santé dégénère : alitée, faisant subir gêne et râles à Eugène-Hérald) : si quelque chose me semble pas piquée des hannetons, j'ai tendance à chercher la p'tite bête, et inversement.

En l'occurrence, les CRS, en marge des manifs, j'avais du mal à saisir le sens de certaines de leurs actions, à voir en quoi ça répondait à leur mission "de garantir au Ministre de l'Intérieur, responsable de l'ordre public, la capacité permanente d'intervention sur l'ensemble du territoire, en lui fournissant les moyens propres à exercer sa responsabilité" notamment au "plan de l'ordre public et de la défense civile".

J'suis tombée sur ce forum, j'ai vu que des questions sur ce sujets étaient posées très courtoisement, que les réponses attendues étaient données posément, et qu'en outre des guignols le pseudonymé MALKO (icône ci-contre) - Brigadier Chef de son état - contribuait à nuancer une image qu'on pourrait trouver trop immaculée.
Ouais, parmi les CRS, 'y a des gars bien, et pis 'y a les autres.

Alors je dis "Pourquoi ?". Pas :
    "Pourquoi vous balancez des grenades à gaz lacrimogènes quand 'y a pas besoin ?"

Non, moi, c'est une question de greluche :
    "Pourquoi vous me fouillez à chaque fois que je vous croise ?"

Le hasard fait que je passe pluriquotidiennement à un endroit ou un autre barré par des CRS, en marge d'un "point chaud" (la Sorbonne), d'une manif' (comme jeudi à Montparnasse), ou pour la déco. Et à chaque fois, à CHAQUE fois, j'ai droit à "Ouvrez votre sac" (éventuellement assorti d'un "s'il vous plaît"). Et pendant ce temps, d'autres personnes passent tranquillement le barrage.

Je pense que cette affiche est placardée dans tous les commissariats de la ville :
Image hébérgée par hiboox.com
Il s'agit donc du portrait-robot de la présumée dérangeuse de l'ordre public, un jeudi, à 50 mètres d'un rassemblement de casseurs - enfin si on peut appeler comme ça des gens avec des cagoules - à 100 mètres d'une manif', dans une petite rue, alors que je rentrais du boulot, au téléphone avec ma chef pas drôle.
MALKO ou un CRS dans son genre a dû me reconnaître et a su faire preuve de fermeté pour me demander de raccrocher pour immédiatement procéder à une fouille.
J'sais pas pourquoi, j'me suis sentie légèrement humiliée, mais j'ai pris le parti d'en rire - et de me taire : MALKO, il rigolait pas du tout du tout.

De deux choses l'une : soit tous les habitants de grandes villes CRSées vivent ça et ça fait un peu ambiance Gestapo, soit je représente une réelle menace à l'insu de mon plein gré.
Et là, j'ai tout compris : Sharon Stone était à Paris cette semaine pour la promo de Basic Instinct 2, ça a forcément excité la parano des flics, surtout qu'elle a déclaré "Je comprends tout à fait les raisons de ces manifestations". Sharon Stone-moi, le lien est vite fait.

Mieux vaut alors que je n'aille pas ...


Pour la forme et pour la Police du blog : ma commode à tiroirs devrait bientôt être montée, Monsieur Ikea-du-net me l'a filée en kit, j'l'ai bricolée, 'y a plus qu'à attendre. J'en avais repéré une plus belle mais elle était plus compliquée à monter alors... più tardi :p



Et maintenant, les commentaires





Le p'tit bleu de Izard...

Hum, 'y a pas un pb avec tes images ? Par exemple, avais-tu prévu un accès à l'image "Sarko" en grand format ?




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Et voilà monsieur :)
Pour Sarko, j'avais bêtement fait une capture pour agrandir l'image et l'héberger, mais je l'ai trouvée en plus grand sur un autre site. Comme ça, pas besoin de lunettes.

Par contre pour les images que je fabrique, comme je les héberge gratuitement chez hiboox, je sais pas trop si 'y a moyen d'agrandir... en même temps, ça ne vaut pas franchement la peine !




Le p'tit bleu de Izard...

Au fait, étant donné que tu es fichée chez nos amis CRS et que tu aimes te promener dans les endroits mal famés (abord d'universités, quartier latin, etc...) soit prudente demain après midi.




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Merci Papa :)
A priori, c't'aprèm, j'serai loin des points chauds, mais ce soir, je vais au Champo... elle le cherche la gredine !


23 mars 2006

Matin à deux balles*

[article original ici, avec les commentaires]

Je viens de finir L'initiation d'un homme : 1917 de John Dos Passos, et là encore, j'trouve que Gertrud (Stein), elle avait vraiment trouvé l'expression pile-poil suitable (ouais, la traduction en français ne me vient pas, là, et pourtant c'est un peu la seule langue que je fluence...) avec "Lost Generation".
Attention petit néophyte, il ne s'agit pas d'une bande d'écrivains perdus sur une île, hein. Non, eux, ils se sont perdus dans la montagne.

au centre : Ernest et Johnny


Bon, ce bouquin (à un moment, un euphémisme s'est glissé) - qui est le premier de son auteur ! - je te le dis, ok je ne suis pas la première, mais ici, c'est chez moi, je peux faire ma commandante : c'est un chef d'oeuvre.
Beau comme de la poésie, passionnant comme un roman, vrai comme une biographie, à dévorer.
Il n'est pas long, mais on a envie de le relire une fois arrivé au point final, c'est tellement dense, tellement... Pour dire : je pouvais même le lire dans le métro tant j'étais happée par l'écriture.

Et là, je me relis, et je pense à John, à l'histoire d'une étoile et d'un lion. Euh hum, pardon, pardon, je voulais dire, de là où tu es, si tu me lis, tu peux me frapper. La foudre, par exemple, 'paraît que vous savez faire de là-haut (et la bise à Marilyn tiens, spéciale dédicace à elle en ce moment à l' Action Ecoles).

Extrait pas tip-top représentatif :
Martin Howe, jeune Américain engagé volontaire en 1917, affecté au service sanitaire, après avoir vu pendant quelques mois la Grande Guerre de près en tant qu'ambulancier :
    "Ce qui me terrifie le plus, c'est leur pouvoir d'asservir les cerveaux, continua Martin, le ton plus haut et plus ferme à mesure que son idée l'emportait. Je n'oublierai jamais les drapeaux, les drapeaux exultants, menaçants, tout le long des rues, avant que nous entrions en guerre, les crocs qui se montraient peu à peu, cette façon d'endormir peu à peu le bon sens, l'humanité des gens avec des phrases, des phrases... L'Amérique, vous ne l'ignorez pas, est menée par la presse. Et la presse, par qui est-elle menée ? Qui saura jamais les forces obscures qui l'ont achetée, achetée jusqu'au moment où nous serions prêts à être lancés, bâillonnés et les yeux bandés, dans la guerre ?... On dirait que les gens aiment ça à la folie : être dupés. Auparavant, l'intellect représentait la liberté, la lumière en lutte contre les ténèbres. Maintenant, les ténèbres emploient la lumière pour réaliser leurs desseins... Nous sommes les esclaves de l'intelligence vendue - des esclaves volontaires."
    (p°175 chez Gallimard, en Folio, 1996)
Après, on peut penser en vrac à Citizen Kane, à Michael Moore, à Fox News, à Good Night and Good Luck, à G.W. Bush, à Europe 1, à Apocalypse Now, à Sarkozy, etc., etc. (à toi de remplir le sac à ta guise).

Donc je pense que finalement, je ne serai jamais écrivain : ce serait écrire en vain (j'peux pas m'en empêcher). Je préfère laisser la place aux Grands, ils ne manquent pas. Et puis je continuerai à suivre les conseils de mes vieux potes Simone the Beaver et Jean-Sol Partre.


*Si tu es joueur, il y a une devinette absolument dépourvue de logique - si ce n'est la mienne... - alors, tu trouves ?

Stringimi forte

[article original ici, avec les commentaires]

Tu veux entrer dans l'intimité des filles ?

Alors "vieeeeeeens, je t'emmèèèène où les étoiles retrouvent la lune en secrèèèet".
Oui, suis-moi là où les stars se font un corps de rêve - mais nan, pas , viens plutôt au club de gym, je t'ouvre le vestiaire des filles, wou-hou-houuu...

J'te préviens, la première fois, ça risque de te faire tout bizarre ce grand dé/emballage :
'Y en a des qui s'déshabillent méthodiquement et très concentrées sur la tâche qui leur incombe à ce moment-là : tout faire rentrer dans le casier ;
'Y a celles qui tiennent leur serviette bien serrée de peur de laisser apparaître un p'tit morceau de chair pas prévu au menu ;
'Y en a une qui se chèche les seveux que tu croyais pas qu'on pouvait le faire comme ça en dehors de chez Jean-Marc Albane;
'Y en a des qui se baladent à poils comme si c'était un club naturiste sous les tropiques ;
'Y en a une, tu la vois pas bien, elle est à côté de la poubelle, elle regarde celles qui s'exhibent. Non, elle mate pas, elle est juste éberluée parce que elle, elle se caille le H5N1 ;
'Y en a deux qui s'grouillent d'enfiler leurs chaussures parce qu'elles veulent pas louper le cours d'abdos-fait chier de Marco, il est trop sexy-baby, Marco ;
'Y en a une qu'ose pas revêtir sa tenue d'Eve pour se doucher, alors elle met un maillot, et tout le monde la regarde, on s'croirait au Loft le premier jour ;
'Y en a des qui discutent, "C'était sympa, hein, on a bien bossé avec Jenny, elle est tellement extra cette coach" ;
'Y en a une autre qui reluque tes seins, ton cul, qui te fait un sourire que toi, tu sais pas trop si c'est gentil, moqueur ou de la drague ;

'Y en a des qui mettent leurs collants sans culotte en dessous, c'est trop beurk, mais tu t'demandes si c'est pas toi qu'a des moeurs chelous ;
'Y en a une, elle s'est enroulée dans une serviette trop petite, le string des serviettes (et pas la serviette de string, rhooo) ;
etc.


Eh bien justement, tiens, parlons string.
To string, I strung, strung : enfiler.
    For instance :
    "Do you like stringing pearls ?
    - Oh, yes, I have strung some blue ones last week ! It's amazing, isn't it ?"
(Si tu veux parler anglais comme moi, et dire des choses so interesting, VinVin est là pour toi. Aies du fun, mais ☝Attention à son effet diurétique immédiat)
Ca me fait penser à la foultitude de jeux de mots faits par les commentateurs des JO - un en particulier - sur France Télévision, j'avais ainsi noté : "Zebrowski (de Papeete, NDLR), il est pas là pour enfiler des perles !".
J'ai beaucoup ri, merci les mecs :D

Trêve de blagues, entrons en conflit sérieux, je veux parler de ce petit bout d'élasthane porté par des filles qui mettent pas des culottes - ça fait mémère -, et qui mettent pas rien, ça se fait pas (sauf éventuellement si on met des collants, mais je ne cautionne pas ce comportement).
Si tu mets un string, t'es trop dans l'coup.

Image hébérgée par hiboox.com
La fille en string, vue de face
Image hébérgée par hiboox.com
La même, vue de fesses

Mais en fait, moi, je pense pas du tout ça, c'était une antiphrase ironique pas vraie mais se voulant drôle.
Pour moi, mettre un string, c'est se passer la corde au cul.
Une fille qui veut se faire serrer l'est déjà par son string, qui se dévoile subtilement lorsqu'elle s'asseoit - ou qu'elle vomit mais ça commence à suffire à la fin, j'en ai jusque-là de la vulgarité dans cette note.
Si ça continue, je vais le dire à Papa, ça va barder !

Et Papa, s'il te met une fessée, vaut mieux qu't'aies mis une couche-culotte plutôt qu'une strouche. Oui, si cet accessoire string-couche apporte une touche funcky à la baby attitude, son usage n'en demeure pas moins idiot.
Je m'explique avant de me prendre un canebou dans la tronche... La couche protège des fessées, et tout le monde s'y retrouve : Bébé n'a pas mal, sauf à Légo, mais il va en avoir des nouveaux pour son anniversaire, et Papa n'est pas inquiété par la Justice puisqu'il n'a laissé aucune trace de maltraitance.
Alors qu'avec une strouche,
1. Ca fait mal,
2. 'Y a des marques,
3. Papa peut se retrouver avec un peu du trésor que renferme une couche sur les mains.
Conclusion nauséabonde : la strouche, c'est emmerdant.

Si j'étais vraiment quérulente, j'intenterais un procès à Aubade pour avoir inventé le string.
'Y a faute, là, oh, 'y a faute, ça, ça vaut un beau carton rouge de chez Gemey-Maybelline mon gars. Ou alors un penalty, je demande réparation de la surface dévoilée.
Dans les vestiaires de ces dames, ça peut aller jusqu'à l'attentat à la pudeur voire le crime contre la féminité. Ouais.

Illustration (c'est pas moi, c'est mon stylo).
Parmi les filles en string que tu peux remarquer (parce que quand même, certaines savent se faire oublier, et je ne leur en veux pas d'avoir cédé à ce diktat), il y a :

Image hébérgée par hiboox.com
    - la fille sublimissime. Rare. J'en ai vu une, une fois. Tu peux même pas être jalouse tellement elle est belle. Le string lui va bien, comme tout.


Image hébérgée par hiboox.com- la meuf pas loin d'être sublime, mais elle le sait, et ça la rend vulgaire. Souvent, aussi, elle représente l'avant-garde de l'épilation "esthétique" du maillot. Elle me fait me sentir toute naze, la vilaine.

Image hébérgée par hiboox.com
    - la madame normale et sans complexe. Elle ose donc retarder le moment de mettre le bas (demain ?), et c'est la cata. C'est trop laid ! Ses fesses ne sont pas canons, pas moches non plus, mais ce tout petit bout de tissu les fait paraître toutes flagadas, je ne suis pas tout à fait d'accord comme dirait Delerm fils.
    Les filles, un peu de respect pour votre cul ! Une petite culotte, ça met tellement plus en valeur les jolies proportions de vos fesses ! M'enfin...

- la nana qui s'croit sublime et qui le fait savoir. Et que ça bourrelette sur les côtés , et que ça disparaît on ne sait zoù et que.


Tu l'auras compris, je suis anti-string. 'paraît même qu'y en a qu'ont du mal à les fermer.
Mais j'te dirai pas si j'en porte ou pas.
Un indice quand même (genre, tu veux trouver...) : dans Madame porte la culotte*** de George Cukor (1949), Katharine Hepburn ne la porte pas si bien que ça finalement.

Reste à savoir si chez les hommes, c'est aussi passionnant. Image hébérgée par hiboox.com
En tout cas, d'après Clarika, il s'en passe de belles entre les garçons dans les vestiaires...




Internet n'ayant pas été foutu de me fournir les illustrations que je voulais, j'ai été contrainte de les faire maison. Je cuisine mieux (la salade).



Et maintenant, les commentaires





Le p'tit bleu de Izard...

Je n'ai pas compris l'allusion à "Mme porte la culotte" (c'est dommage pour une fois que tu parles d'un vieux film que j'ai vu).

Ces histoires de culottes/string/etc..., c'est culturel, faut pas chercher.
Un exemple, une rue de Harajuku (quartier branché de Tokyo, genre Les Halles+Montorgueil).




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Ne "pas chercher", c'est un truc dont je suis incapable.
J'ai toujours 3 ans, l'âge du "Pourquoi le ciel il est bleu ?" "Pourquoi le monsieur il est tout noir ?" "Pourquoi la dame elle montre sa culotte en corde ?"...
Pourquoi, Pourquoi, Pourquoi !!!

Alors pour le rapport au film, c'est qu'à force de vouloir porter la culotte, Amanda a bien failli perdre Adam.
Souviens-toi, le féminisme tous azimuts, surfant sur l'humiliation de l'homme, la scène du tribunal où Adam est porté à bout de bras par une acrobate...
J'imagine que "Madame porte le string" aurait eu une toute autre issue :)

Bref, la fin de ma note est totalement incompréhensible, merdeuh, moi qui pensais qu'un petit bâclage passerait inaperçu... Je perds sévère.





Le p'tit bleu de izard...

Ah ouais ! Ben c'était pas mal comme vanne, j'avais pas trop suivi, c'est tout. Je cherchais un truc bien plus approximatif, ou plus graveleux, ou...


20 mars 2006

Débobinette

[article original ici, avec les commentaires]

Depuis hier, c'est le Printemps du Cinéma, 3€50 la place, ça vaut le coût, d'autant que comme l'a dit André Asséo dans Cinéfilms, "les recettes vont être bonnes, j'en suis persuadé, il fait à peu près beau partout, ça va être formidable". Ca doit être son côté gothique, la fréquentation des salles obscures dès que le soleil se pointe...


Printemps ou pas, j'avais prévu d'aller voir La Nuit du Chasseur de Charles Laughton (1955), et j'ai même accepté d'être accompagnée (!) par un pote qui avait passé avec succès trois épreuves de films "différents" :
    1. Le premier, à moindre risque, Garden State** de Zach Braff (2004)
    2. Puis, plus osé, The taste of Tea*** d'Ishii Katsuhito (2003)
    The taste of Tea, une sacrée bande de zinzins

    3. Et enfin n'importe quoi avec La Vie aquatique** de Wes Anderson (2003)


Nous sommes donc allés au Champo, ce qui nous a donné l'occasion de saluer des hommes, des vrais, à la démarche de cow-boys, mais manifestement désoeuvrés par le calme inhabituel du quartier (des CRS, quoi).

Alors pour La Nuit du Chasseur, je mets ****.
Et mon pote a bien aimé aussi, youpi :)

C'est techniquement assez bordélique, un peu de tout, mais brassé avec beaucoup de finesse : noir et poétique, enchanteur et angoissant, cynique et plein de bons sentiments, un scénario bien foutu, une photo qui rend quelques scènes marquantes, et une distribution à laquelle je n'ai rien à redire (au cas où on m'aurait demandé mon avis...).

Robert Mitchum n'est décidément pas un petit joueur, vraiment inquiétant, 'paraît que Don Diego 2000 en prendra de la graine.

Surtout, j'ai été troublée par la présence de la fille cachée d'Elvis, Sally Jane Bruce, petite fille ni jolie ni laide, juste bizarre, comme on n'est pas habitué à en voir.

Je tiens à préciser - même si ce n'est pas dans mon intérêt - qu'il n'est pas franchement recommandé de le voir avec un enfant, à moins de vouloir remplir les cabinets de psy : ils vont se pisser dessus. Uh Uh. Non, sérieusement, j'ai lu dans le Glamour d'Avril 2006 que c'était le film culte de Laura Smet, "C'est mon premier souvenir cinématographique car c'est mon père qui me l'a montré. J'ai eu très peur" (p°101). Bravo Johnny !

Dommage que ç'ait été un flop à sa sortie, ce premier film est aussi le dernier de Laughton en tant que réalisateur.


En me renseignant sur lui, justement, j'ai appris qu'il avait été un des profs et mentor d'Al Pacino, avant que ce dernier ne soit enfin admis à l'Actors Studio.
Parmi les acteurs qui ont pu bénéficié de l'enseignement de la Méthode , il y a aussi Marlon Brando et Robert de Niro...
Evidemment, je pense au triptyque de Francis Ford Coppola Le Parrain. Et tu sais quoi ? Le père d'Al Pacino est né à Corleone, en Sicile, comme Vito Andolini, rebaptisé Vito Corleone de l'autre côté de l'Atlantique à Ellis Island. Dingue, nan ?!

Marlon Brando, là ou dans Un Tramway nommé Désir*** d'Elia Kazan (1950), j'avoue que je ne le trouve pas fascinant. Bon, ne me jette pas des cailloux, j'analyse le ciné en dilettante et de façon très subjective. Il joue très bien, certes, mais voilà, quoi.

Alors que De Niro, surtout à ses débuts, je le trouve époustouflant. Ok, j'ai pas vu tous ses films, loin de là, mais rien que deux de ses collaborations avec Martin Scorsese - je pense à Taxi Driver**** (1976) et à New York, New York**** (1977) - m'ont vraiment impressionnée.
Et dans Le Parrain, deuxième partie**** (1974) que je n'ai vu que très récemment, j'ai encore été frappée par la qualité de son jeu. Il joue Vito Corleone jeune, après que Marlon Brando l'ait joué vieux, dans la première partie.
Je me demande si c'est De Niro qui a étudié le jeu de Brando pour se couler dans la même veine et donner une unité remarquable au personnage (la voix, l'accent, bien-sûr, mais aussi les expressions du visage, la façon de se frotter la joue par exemple) ou s'ils ont tous les deux été dirigés très précisément et de la même façon ? Est-ce que ça aurait un rapport avec le fait qu'ils ont eu la même prof Stella Adler ?

Al Pacino aussi, comme c'est original, je le trouve admirable. Son jeu "rentré", contenu, donne toute sa profondeur au personnage de Michael Corleone, et le contraste avec Scarface*** de Brian de Palma (1983) montre que c'est vraiment un rôle de composition.
On ne peut pas être con quand on joue si juste.

Et puis à part pour Le Parrain, troisième partie (que je n'ai pas encore vu)(NDLR ayé je l'ai vu, ** seulement), la musique est signée Nino Rota, le grand pote de Visconti et surtout, de Fellini... décidément, je ne pouvais qu'être séduite.
Dire que j'ai rechigné à voir ces films parce que je croyais que c'étaient des films pour mecs, impressionnants de violence et rien d'autre. Ah la la...


Comme on n'se refait pas, à l'aveuglette, j'ai persisté à faire des choix de "fille", et j'ai lu Feder, le mari d'argent*. J'ai envie de dire :

"Dis donc Stendhal, tu t'foutrais pas un peu du monde ?"

Pfff, c'est bâclé, niais, et même pas fini ! Mais ça, c'est la faute à Gallimard, c'est pas parce que c'est un Folio à 2€ qu'il ne faut pas prévenir que la fin, ben 'y en a pas.

Toujours aussi bêtement, je me hâte de finir le recueil de nouvelles Journal d'un homme trompé de ce sale type qu'est Pierre Drieu la Rochelle, mais ça, j'étais prévenue : j'ai déjà lu Gilles**, j'avais pas aimé, un simili d'Aurélien**** d'Aragon, mais où l'égocentrisme et la misogynie de l'auteur transparaissent beaucoup trop souvent.
Et je ne dis pas ça parce que Drieu est devenu fasciste et collabo : c'est pas parce que je trouve que Voyage au bout de la nuit**** est un petit bijou que j'apprécie l'homme Céline.
Pour la peine, je ne lirai pas Le Feu follet, j'irai le voir. En plus, je kiffe grave Jeanne Moreau :)



Et maintenant, les commentaires





Le p'tit bleu de Izard...

Je repense à l'article sur la "bonne méthode" pour trouver le partenaire-de-couple-qui-va-bien.

C'est pas mal, non comme approche, celle des films que tu as fait voir à ton pote. Bon, aucun ne sont pourris (et même ce sont 3 bons films, je trouve). Mais le Champo, cela tient au grand Risque.

Si si. C'est ma méthode à moi, le Champo :
J'y ai emmené qq'un, un dimanche matin, pour voir Chuking Express (l'un de mes films préfés, avias-je cru bon de préciser une bonne 30aine de fois), il y a bien 5 ans. Je passe sur la qualité générale du cinéma, pour une personne habituée aux grandes salles parisiennes. Bobine usée, bobine cassée et au final bobine brulée et scénace foutue après 15mn de film. S'en est suivi un étrange moment où la caissière-ouvreuse (la petite vieille russe, je ne sais pas si elle travaille toujours au Champo) a expliqué aux 7 sepctateurs... quelque chose que personne n'a jamais compris. Mais dans le doute, les 5 autres spectateurs se sont rangés devant la caisse en espérant être remboursés, pendant que nous deux nous sommes parti prendre un petit déj en face du Luxembourg.

C'est pas de l'épreuve, cela ?

Bon, je ne sous-entends rien pour ton pote (comme tu dis), mais l'idée est bonne, non ?




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Là, c'est un peu l'épreuve finale, hein, le final cut :)

J'ai déjà vu un film en dentelle, c'était à l'Accattone je crois ("Allemagne : année zéro", de Roberto Rossellini (1947)), et depuis, je fais toujours gaffe à m'assurer de la bonne qualité de la copie, genre si le film est programmé en même temps que la sortie DVD, c'est jouable.
Ah, "Liebelei" aussi, de Max Ophüls (1932), n'était pas en bon état... au Champo.

J'avoue qu'une des raisons pour lesquelles je me fais des cinés toute seule, c'est pour ne pas me soucier que la personne qui m'accompagne aime/ne m'en veut pas/n'a pas mal au dos/peut ranger ses genoux/ne mange pas de pop corn !

Bref, ton idée n'est pas mal, c'est sûr que quelqu'un qui partage mes goûts et mes prises de risques marque des points, mais je ne cherche pas non plus mon alter ego, j'suis déjà assez chiante et compliquée toute seule !



Le p'tit bleu de Izard...

Nan, je parle pas d'un alter-ego : je n'ai jamais réussi à lui montre Chuking Express, au final, par exemple. Mais le fait que ce qq'un est braver tout cela... pour moi, je veux dire, ben c'est important.

Les cinés en solo, j'ai du mal à appréhender comme concept. Mais dans ton cas, cela me semble différent car tu as l'air d'une vrai cinéphile (TM).
Et Chuking Express a mis TRES longtemps à sortir en DVD.




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Oui, j'comprends, c'est le début du partage, des petites concessions, des découvertes inattendues, de la fondation d'un p'tit monde à deux avec des papillons :)

J'ai pas vu "Chunking Express", je n'avais jusqu'ici jamais entendu parler de ce Wong Kar-Waï, que Jean Tulard, dans son Guide des films juge ennuyeux, mais peut-être était-il à la même séance que toi ;)
En tout cas, à l'occasion, je serais curieuse de le voir... espérons que ce n'était pas la seule copie en France !



Le p'tit bleu de Izard...

Je n'émets pas d'objection à avoir les mêmes goûts que Tulard et ses petites mains (ou plutôt petits yeux), mais on a déjà fait plus humain ou plus cinéphile comme référence sur le cinéma que leur "Guide des Films", non ?

'y a combien de films de référencés dans ce livre ? 10 000 ? 12 000 ?




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Un tue-l'art, ce guide... plus de 15 000 références !
Je m'en sers comme un guide : deux films me tentent, un sans étoiles, l'autre avec ****, eh bien j'irai voir le **** pour peut-être lui en attribuer moins.
Ca ne m'empêche pas d'en voir des moins biens côtés, mais en dvd alors (moins cher que le ciné).
Et j'y ajoute au bic les films récents ou non référencés.

Quand je veux confronter mon avis de pseudo-cinéphile à celui de vrais professionnels, je prends le "Dictionnaire du cinéma" de Jacques Lourcelles, je fréquente le ciné-club de Jean Douchet, j'écoute "Au cinéma l'après-midi" sur Culture (et je me marre), je vais à la Cinémathèque Française (ou au Forum des Images avant), parfois je m'invite à des avant-premières "en présence de...", j'aime bien aussi consulter les Cahiers du Cinéma, etc.
Je ne suis pas toujours d'accord avec tout ce petit monde, évidemment :)

En tout cas, si tu as quelques conseils pour former mon petit cerveau, n'hésite pas !




Le p'tit bleu de Mikk...

Voilà un blog qui vaut le coup ;-) de s'y attarder ... Bravo à toi !
Mais qu'il n'y ait qu'un seul tiroir ce n'est pas très commode :D

Bon, j'ai adoré ta guerre des boutons et le reste. Et hop une greluche dans mes favoris




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Moi qui pensais que les commentaires allaient titiller mon côté maso, v'là qu'on m'fait des compliments, wouahou :)

Du coup, j'vais me remuer les méninges pour mettre au point mes tiroirs, ça me paraît aussi faisable que du tarama s'initiant à la danse classique. Patience...




Le p'tit bleu de Cléo...

Alors pour moi tu t'en fichais hein de tes tiroirs???? Bou!




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Oh la relou ! Toi, Cléo, si tu continues, j'vais t'envoyer au pâtre, ça va pas traîner.
La jalousie, c'est mal.

En attendant, j'suis pas prof de danse classique, donc les tiroirs, c'est pas gagné, et en plus, j'm'ai rendu compte que dans une même note, je mélangeais les thèmes, c'est n'importe quoi !

Bref, priorité aux nouvelles notes, et quand j'aurai dégoté le "Guide de la greluche apprentie geek", gna gna gna gna gna gna gna (j'ai la flemme de finir la phrase).

File dans ta chambre >o


18 mars 2006

Logorrhée d'l'autre goret

[article original ici, avec les commentaires]

"Non, mais t'inquiète, j'suis pas susceptible".


Je me suis entendue dire ça à plusieurs reprises, pour finalement très souvent réaliser qu'en fait, si, je suis susceptible.
Ca s'voit rarement, en général, je rigole, mais c'est le deuxième effet qui m'coule, une fois seule.
Si on me fait remarquer un défaut dont j'ai déjà conscience, je peux le prendre sérieusement avec humour (oui, c'est possible) - à condition que j'y sois un peu préparée, hein - et réfléchir à comment m'améliorer. Mais si c'est une critique injuste, pas juste par rapport à l'idée que je me fais de moi, je suis blessée.
Bref, j'ai pas l'air susceptible, mais je le suis bel et bien.


Heureusement, j'évolue : il y a un p'tit nom dont on m'affublait pour me taquiner, et moi, je marchais au quart de tour : j'étais vexée, mais je ne le montrais pas, et ça revenait comme les Jeux Olympiques d'hiver. Non, plus souvent, à chaque réunion de famille. La première fois doit dater d'il y a 8 ans, quand j'ai débarqué à Paris. J'étais devenue "La Parisienne".
Et ça m'éneeeervait ! Je déteste les Parisiennes, les p'tites minettes qui ne pensent qu'à bien mettre leur mèche de côté, à porter le sac à main dans le creux du coude replié, à rire fort à l'américaine ou à faire la gueule parce que Papa et Maman refusent de prêter la maison du Cap Ferret, et à débiter des conneries sur le ton de l'évidence*. Ok, toutes les Parisiennes ne sont pas comme ça, mais j'ai toujours l'impression que quand on m'chante "v'là la Parisienne !", on me catalogue dans la pire espèce.

Eh bien maintenant que je suis une grande fille, j'assume : si au début, Paris, c'était tout gris, que je voulais voir l'horizon au loin, être réveillée par les oiseaux ou les chiens qui aboient, entendre le boulanger en tournée klaxonner, aller à Carrefour et entendre les ragots les plus immondes et improbables, aujourd'hui, cette ville, j'ai appris à l'aimer. Je ne dis pas que parfois, la campagne me manque, mais j'en suis pas arrivée à me mettre pieds nus dans l'herbe** à la vue du moindre m2 de pelouse...

Ce que j'aime par-dessus tout, c'est m'balader. Et tout est prétexte à une balade plus ou moins longue : aller bosser, retrouver des amis, me faire un ciné ou simplement me perdre dans un quartier que je ne connais pas.
Je ne suis jamais déçue, il ya toujours quelque chose à découvrir au hasard : le dernier mètre étalon d'époque à son emplacement d'origine, un immeuble où a vécu André Breton, la tombe de Man Ray au Cimetière du Montparnasse, le kilomètre zéro devant Notre-Dame, l'ancien atelier de Modigliani, une Statue de la Liberté, une façade abîmée par des éclats d'obus, le pont d'écluse où Arletty déclame son "Atmosphèèère ?... Atmosphèèère ?... Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? Puisque c'est ça, vas-y tout seul à la Varenne... Bonne pêche et bonne atmosphère !" et même, pour les p'tits malins... la tour Eiffel !

Voilà, je le dis, je suis bel et bien une Parisienne.
Mais à ma façon.
Pour l'instant.
J'ai encore du mal à imaginer passer ma vie ici, pourtant je rêve de ces jolies maisons aux volets de coeurs square Montsouris ou d'un loft avec terrasse arborée sur l'île Saint Louis. Je rêve, donc <)
Et ces promenades se prêtent volontiers à la rêverie, avec un sourire niais accroché sur la figure, en particulier quand je reviens du ciné, sur mon chemin-cocon, où je suis dans une bulle, et les gens autour comme derrière une vitrine, je les regarde, je m'en amuse, je les aime bien.

C'est fichtrement chiant c'que j'te raconte !

Bon, on va mettre un peu d'action : jeudi soir, en entraînant une copine dans un compromis entre ses envies (un ciné bien d'aujourd'hui) et mes lieux d'errances nocturnes, on s'est retrouvées là où que fallait pas du tout : à Odéon, alors que les "gars du FN" cassaient tout sur leur passage. "Courez, ils arrivent" qu'ils criaient les manifestants contre le CPE et "Baissez vos grilles, ils cassent tout" qu'ils disaient aux restaurateurs.
Alors moi, d'instinct, je cours pas. Je préfère mourir dans mon droit que courir sans raison vraiment valable (pareil pour les passages piétons : si le p'tit bonhomme est vert est qu'une voiture arrive à toute allure, m'en fous, je traverse, je me ferais renverser par quelqu'un en tort. C'est très très con, je sais).

Sauf que ma copine, elle, je sens qu'elle commence à flipper sa race. Et c'est le cas de le dire : elle est noire. Enfin métisse, mais pour le FN, je pense que ça revient au même.
Alors que je réalise l'atroce vérité, on voit passer une troupe de hurleurs brandissant des matraques, pas des CRS. Non, eux, ils sont un peu plus loin, et quand on arrive près d'eux, qu'on se faufile derrière leur barrage, je mesure à nouveau la justesse des mesures de Sarkozy : plus de CRS pour réduire l'insécurité.
Non, je déconne.
Les CRS, ça les mettait en joie cette situation, ils rigolaient, ils commençaient à nous dragouiller, ces gredins, tout excités qu'ils étaient à l'idée de bientôt pouvoir se défouler.
Bon, nous v'là rue Christine, et je me dis que je vais peut-être pouvoir convaincre ma copine d'entrer à l'Action Christine, 'y a Cary Grant ce soir, eh eh.
Un "Non, j'aime pas les films d'époque" suivi d'un "Je veux rentrer maintenant" me plongent dans un profond désarroi : ON PEUT PAS ! Derrière nous, le barrage de CRS et la Seine, devant, St Michel ou Odéon, hauts-lieux de la castagne du moment.

On reste plantées là une bonne demi-heure, au cours de laquelle nous faisons la connaissance de deux charmants jeunes hommes.
Le premier était recroquevillé sous un porche, l'air mal en point, je m'approche :
    "Ca va ?
    - Oh, oui oui, je... je viens de me faire courser par des gars du FN, j'suis rebeu, c'est pour ça, mais j'me suis réfugié dans un resto, on m'a fait passer par une cave, et je me retrouve ici, je sais pas où j'suis."

En se relevant, je constate qu'il n'a rien, un peu débraillé, mais pas de marques de coups. On apprend qu'il est en licence de Géo, qu'il a manifesté toute le semaine, et plus il avance dans son récit, plus il s'anime, les yeux qui brillent. Il veut rentrer chez lui, RER C, Saint Michel... 'va p't'être falloir attendre :/
Bizarrement, il s'empresse de nous demander "Où ils sont ?!", comme s'il voulait y retourner. Il le demande à toutes les personnes qui passent, des touristes surtout, en les tutoyant, et récolte en guise de réponse un regard affolé à la "j'parle pas français !". Bon.

C'est comme ça qu'il interpelle le deuxième mec, sortant d'un bar. Lui, il est pas de la manif', il est venu boire un verre avec des potes, mais ils sont sortis au moment où ça a dégénéré, et comme ils avaient des casques (de scooters), les CRS les ont interpelés. Sauf lui : il avait une bonne tête. On lui dit qu'on veut rentrer vers Montparnasse, il propose de nous accompagner, et comme ça, lui, il ne se fera pas arrêter pour port de casque.
Ok, le quartier a l'air plus calme, on y va. Il discute avec ma copine, lui demande ce qu'elle fait dans la vie, moi, je suis plus devant, et le premier garçon nous suit aussi plus ou moins, il va et vient, tout excité.

Et là, bim, un CRS choppe le deuxième gars par le blouson, le plaque contre le mur, lui demande ce qu'il fait là... Moi, faussement naïve :
    "Bah, qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi vous faites ça ? Vous voyez bien qu'on est ensemble, on n'est pas d'la manif ni rien, regardez, j'suis en jupe, on voulais juste passer une bonne soirée !".
C'est bon, je l'ai bien saoulé, il nous laisse repartir.

Je remarque que le premier mec porte un badge bleu-blanc-rouge avec une couronne de lauriers :
    "Qu'est-ce que c'est ?
    - oh, rien...
    - t'es Bonapartiste ?!, dis-je sur le ton de la énième connerie
    - t'appartiens au mouvement skinhead ? reprend le second mec
    - Nan nan, avant oui, mais c'est fini tout ça"
et il nous explique ceux d'extrême gauche, ceux d'extrême droite, tout ça, et moi, je trouve qu'il est un peu habillé aux couleurs du PSG, alors j'peux pas m'empêcher de lancer un "t'es d'la tribune de Boulogne ou d'Auteuil ?". Ils me regardent tous les deux amusés, n'empêche qu'il répond qu'il était des Tigris Mystics, mais que ça dégénère trop maintenant.
Et il enlève son badge.

Sur ces entrefaites, nous arrivâmes Place Saint-Sulpice, où j'eus l'idée d'aller au Commissariat pour faire sortir les petits camarades de notre acolyte de fraîche date. C'était en fait inutile : ils étaient déjà là, disposés comme des rockeurs.
Notre compagnon souhaita nous présenter, mon amie resta en retrait, quant à moi, je m'avançai plus méfiante que timide, les saluai tout en refusant le rituel dénué de sens qu'est "la bise" pour leur asséner un vent plus violent, et leur dis au revoir.


En rentrant, tout est calme, sauf ma copine. Elle a du mal à se remettre de toutes ces émotions, elle a vraiment eu peur.
Elle me reproche aussi d'être trop naïve, que ces mecs-là étaient du FN, qu'elle m'avait vue comme l'agneau se jetant dans le gueule du loup, que je devrais me fier à elle parce qu'elle sent les bonnes et les mauvaises énergies, et que là, il n'émanait rien de bon.
Je ne comprends pas, le deuxième garçon était très pâle, oui, peut-être qu'il venait de fumer un joint, mais il n'avait pas l'air dangereux. En plus, il lui avait parlé à elle, pour un raciste, c'est bizarre. Elle rétorque que justement, on était la couverture idéale pour lui, et qu'en plus, il lui posait sûrement des questions sur elle pour savoir quel genre de noire elle était, etc, etc.
Finalement, je ne sais pas. Je ne crois pas être naïve. Inconsciente, oui, mais contrôlée.

Tout est bien qui finit bien, et j'en suis ravie : ce post est vraiment trop long. Je ferai mieux la prochaine fois :)


*moi aussi, même si je balance un truc intelligent, à partir du moment où c'est moi qui le dis, j'crois bien que ça prend une toute autre dimension...
**pourtant j'ai osé, je sais pas comment, me mettre en maillot sur la pelouse du Jardin Atlantique. Et pas qu'une fois.



Et maintenant, les commentaires





Le p'tit bleu de Cléo...

Un jour j'ai rencontré un homme beau, intelligent, gentil, tendre, cultivé, sensible...qui a fini par me dire qu'il détestait Marseille parce c'était "plein de noirs", et que en France, on manquait d'exécutions publiques!! J'ai fui!




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Les racistes intelligents, c'est les pires : ils risquent d'être convaincants... parfois le con vainc quand même :)




Le p'tit bleu de izard...

Je me suis un peu embrouillé entre tous les gars à qui il arrive plein de trucs, mais j'ai apprécié le style. Par exemple l'arrestation pour port du casque :)




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

A ces mots, je pique un fard (espérons que je ne serai pas prise pour une casseuse de bagnoles).

Merci, ça donne envie de faire des efforts :)


11 mars 2006

Mémoires d'une vieille fille rongée

[article original ici, avec les commentaires]

Est-ce que tu peux me donner une recette de couple qui dure et qui me convienne (sans faire venir de con) ?

Jusqu'à l'an dernier, je croyais ma méthode pas mal, 'y avait plus qu'à trouver un des rares hommes de ma vie, au bon moment. Et je me disais que c'était ce "bon moment" qui était difficile à trouver. Durée de vie de ma méthode : 2 ans et demi par chéri en moyenne. Toujours "trop tôt".

Plus j'y pense, et plus je me dis que c'est peut-être moi qui ne suis décidément pas adaptée à l'époque ?

Aujourd'hui, d'après ce que je vois, dès que deux personnes s'apprécient, elles s'embrassent (voire plus, mais c'est vraiment dégueulasse), et passent ensuite du temps ensemble (enfin j'espère) pour "apprendre à se connaître". Après, ça passe ou ça casse.
Moi, j'peux pas, j'ai besoin de vraiment bien connaître la personne avant, et de me dire que si histoire il y a, elle aura des chances de durer. Je suis plus dans le qualitatif que le quantitatif.


Mais il y a un hic : deux personnes qui ne se connaissent qu'à peine et qui souhaitent faire un p'tit bout de chemin ensemble sont probablement plus averties : si elles constatent que ça marche bien, super ; si ça cloche un peu, elles sont prêtes à faire des efforts pour s'ajuster. Ou pas.

Par contre, deux personnes qui se connaissent déjà très bien, et qui pensent pouvoir partager un amour durable sont peut-être moins à même de faire ces efforts au moment où - sans doute plus tard que pour l'autre couple - il faudra s'entendre sur des points de divergence, éventuellement minimes, mais importants parce que jusque là, tout allait bien, et que cette difficulté n'avait pas été envisagée.

Je ne conclurai pas en disant que je vais me mettre à consommer plus (dormir avec un con, non merci !), non, je veux juste crier :

j'en ai marre !


et j'attends qu'un mec presque idéal me tombe sur le coin de la gueule, c'est-à-dire un mec qui ne présenterait comme anormalité majeure que de ne pas avoir envie de faire la fête à la culotte dès le cinquantième rendez-vous (j'exagère peut-être un tout petit peu).




Sinon, mes tiroirs sont loin d'être au point, je trifouille, je trifouille... et je me retrouve avec des italiques où que je veux pas. A suivre...



Et maintenant, les commentaires





Le p'tit bleu de Raph...

Cinquante rendez-vous?
Essaie peut-etre dans les monastères?




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Un monastère, c'est pas un peu se jeter dans la gueule du loup ?! Quoique je ne suis plus une enfant, 'y a moyen qu'ils ne craquent pas trop vite...

En tout cas toutes mes félicitations pour avoir lu ce post jusqu'au bout ! Pour la peine, te voilà lecteur-commentateur n°1 d'ici. Bravo :)




Le p'tit bleu de Cléo...

Mais ça n'était même pas une peine! J'aime bien ton blog je vais revenir!
Bon sinon, l'homme idéal, je sais pas trop si à notre âge il faut y renoncer complètement où se dire que flûte, on peut quand même pas nous enlever ce rêve là... m'enfin ne désepère pas!




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Merci Cléo :)
C'est très gnangnan, mais je suis très heureuse d'accueillir une Cléo : ça me fait penser à "Cléo de 5 à 7" d'Agnès Varda, film en rapport auquel j'avais choisi mon pseudo sur Meetic, ou alors au poisson de Pinocchio.




Le p'tit bleu de Raph...

ah ben forcément, si tu les cherches sur meetic, tes moines, c'est pas gagné!




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Ah mais détrompe-toi, j'ai mis au point une vraie technique de greluche :
- une annonce longue et rebutante (comme mon blog , on dirait que je cherche des moines ici aussi)
- pas de photo, ce qui relègue mon profil vers le fond, là-bas, derrière les moches qui s'assument
- une fréquentation occasionnelle, au gré des mails que je reçois (le dernier, c'était un pneumatique daté de 1912), ce qui me place automatiquement dans les dernières pages.
- je m'abstiens évidemment de consulter quelques profils, toute visite étant signalée à son auteur lequel est forcément à fuir puisqu'il est sur Meetic.

Pour parachever le tout, je m'applique à refuser toute rencontre que pourrait me proposer le gugus que le désespoir aurait mené jusqu'à moi.
Sauf une fois, un de tes concitoyens néanmoins pas journaliste, qui cherchait juste des amis à Paris - il a compris que je l'ai cru :)

Conclusion : mes voies sont impénétrables, comme les voix du Seigneur... ça devrait faire rabouler du moine :p




Le p'tit bleu de bobzeflash...

euh là !!! comme toi, auparavant, je me posais beaucoup de questions sans faire avancer le schmilblick d'un pouce... maintenant je reviens à la méthode que ma soeur m'a expliqué quand j'avais 8 ans :
"mais comment on sait qu'on est amoureux ?
- t'en fais pas, ce jour-là, tu sauras, et tu poseras plus de questions"

(dis-donc c'est qui la greluche qui s'agite dans la pénombre ???)




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Si tu parles de la dernière photo, c'est Kirsten Dunst (je ne ressemble pas à Kirsten Dunst).

Sinon, la question pour moi serait plutôt : "mais comment on fait pour plus être amoureux de quelqu'un qui veut plus d'nous ?"
Bah on attend, c'est un peu long des fois :)


08 mars 2006

La guerre des boutons

[article original ici, avec les commentaires]

LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE DES BOUTONS

Cet été, j'ai fait un stage intensif et non rémunéré parmi de futurs souteneurs de (fou)thèses, à Beaubourg.
En tant qu'étudiante coincée - et surtout soucieuse de finir son mémoire à temps, je ne m'accordais de pause que lorsqu'elle relevait d'une nécessité physiologique. Je ne m'attardais donc pas dans l'antre de la drague à tout-va : la cafet'
Un beau moche jour, alors que je sors des chiottes, un mec m'interpelle, du moins me fait me retourner : tout en ayant la tête tournée dans la direction opposée à moi, il demande d'un ton inquisiteur :
    "T'es de Paris ?
    - C'est à moi que vous parlez ? lui demande-je, amusée
    - A qui veux-tu que ce soit ? Alors, t'es de Paris ? redemantil toujours aussi aimable
    - Bah oui, réponje un peu agaçée, tout en gagnant la sortie
    - Quoi, "bah oui", c'est pas une évidence ! continutil agressivement, regarde, moi, j'suis pas de Paris
    - Oui bah oui, très bien, allez... au revoir, hein, fèj gentiment pour pas non plus le rendre colère
    - T'as quel âge ? faitil en poursuivant sa technique de drague agressive (j'interprète, là, je sais)
    - A votre avis ?
    - 17 ?
    - (je me marre : est-ce que je plairais à un pédophile ?) Nan, plus
    - 18 ? 19 ans ?
    - Nan, plus, 5 de plus, dij en m'éloignant pour de bon : m'énerve çui-là !
Et là, alors que je suis à peu près à 4-5 mètres de lui, il me dit :
    "T'as 24 ans et t'as encore des boutons ?!"
Tape-toi la honte, greluche, ça remet les idées en place.
Le problème, c'est qu'une demi-heure plus tôt, j'apprenais que ma soutenance serait reportée à juin à cause du très mauvais état de santé de mon directeur de mémoire.
Eh ben crois-moi si tu veux, j'étais tellement minée, j'avais tellement pleuré que ce petit con m'a bien fait rigolé.

LA SECONDE GUERRE MONDIALE DES BOUTONS

Me voilà donc en année sabbatique forcée. Je décide de la dédier toute entière à un ravalement de façade dans les règles de l'art : traitement dermatologique, assèchement sanitaire... et ça commence par l'éclosion de tous mes p'tits bébés sous-cutanés.
Un jour, alors que je n'ai pas honte de sortir dans cet état pour aller jouer à la poule magique avec les petits chéris que je garde, Alfredo, 3 ans, me demande :
    "C'est quoi, ça ? C'est moche !
    - ce sont des boutons" lui répondje le plus simplement du monde, alors que sa maman me donne les clefs avant de partir.
Tape-toi la honte, greluche, ça remet les idées en place.

LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE DES BOUTONS

Pas plus tard que lundi dernier, à nouveau à la bibliothèque PomPomPiDouPouh!

Dans le local des photocopieuses, quelques secondes avant qu'elles ne s'arrêtent toutes automatiquement (à 21h40), une vieille dame arrive avec quelques manuels de Math dans les bras. Le chef de ces lieux lui signale l'arrêt imminent de toutes les machines, d'un explicite "Non, sortez maintenant, c'est fini !" qui veut dire "dégage-de là, pauv' vieille".
Ayé, c'est fini, moi, je fais un peu de tri. Et comme je vois la dame essayer malgré tout de lancer (très loin) une photocopieuse, je lui dis gentiment :
    "Mais non, madame, c'est fini, toutes les photocopieuses se sont éteintes maintenant.
    - Nan mais j't'ai pas sonnée, toi, de quoi que j'me mêle ?!" me balance-t-elle furieusement.
Les deux autres personnes qui étaient encore là se retournent alors, on se regarde, on étouffe nos rires, et elles s'en vont.
Dans le silence, je termine de ranger mes affaires, me reprochant d'avoir encore trop parlé : c'est vrai, quoi, de quoi que j'me mêle ?
Puis la sorcière, après avoir essayé de faire marcher les 10 photocopieuses de la pièce, revient vers moi et me jette un :
    "La prochaine fois, connasse, tu t'occupes de tes oignons, j't'ai rien d'mandé."
Je ne réponds rien, avec les paranoïaques, rien ne sert de parler, il faut se taire à point (ou saigner).
Et en partant, elle me hurle :
    "Tu f'rais mieux d't'occuper d'tes boutons, sale moche, va !".
Bim.
Silence.
Puis un mec dont j'ignorais la présence s'en va en silence.

Tape-toi la honte, greluche, ça remet les idées en place.
Le problème, c'est que maintenant, j'ai plus de boutons !
J'ai compris, une fois de retour chez moi, que je m'étais subtilement étalé du stylo rouge sur le front.
Et j'avoue avoir pensé qu'elle m'avait dit ça parce que comparée à elle (ridée, nez crochu, pustule sur la joue), j'étais un peu jolie. Au moins autant qu'eux (merci kek :)

07 mars 2006

Du vent passe...

[article original ici, avec les commentaires]

C'est pas bientôt fini ce bazar ?!
T'as probablement entendu parler du dernier opus des Wampas, Chirac en prison. Ouh la la, quelle bande de petits chenapans, comment ont-ils pu oser dire une chose pareille ?
Sur le Président de la République de la France !
Au sujet d'une affaire politico-judiciaire actuellement brûlante !
Quand 2007, c'est demain !
Oh non, vraiment, les media se sont offusqués, et bien-sûr empressés d'interviewer ce bougre de Didier Wampas. La question intelligente, celle à laquelle personne n'avait pensé : "est-ce que ça ne serait pas un coup de pub ?"(ils sont combien de journalistes super fut-futes à l'avoir posée ?).
Et Didier de répondre que nan, c'est pour tester la censure.
Ok, donc soit une chaîne de télé ou de radio diffuse ce chef d'oeuvre d'écriture et de musique, et se montre par là-même grande rebelle politique, soit elle le censure. Bah oui, tu vas quand même pas croire que si ça passe pas, c'est parce que c'est nul ?!

Ben j'le dis, j'aime pas.
Déjà, la musique, c'est franchement pas élaboré, et tellement répétitif. Rien de neuf.
Pis les paroles, ça me transcende. Sans parler de l'interprétation, pour le coup, Raphaëlle Ricci aurait une bonne raison de faire sa pimbêche :

C'est une obsession
Elle ne pense qu'à ça
Elle n'en dort plus la nuit
Elle me gâche la vie
J'en ai plus qu'assez
C'est une vraie maladie

Subtile allusion à la nymphomanie ? Ris, public :D
Rien ne lui fera changer d'avis
Je ne sais pas ce qu'il lui a pris

Ah non, madame veut une nouvelle paire de chaussures peut-être...
Car la seule chose qui lui ferait plaisir
Ce serait de voir Chirac en prison

Oh ! le mot est lâché. La bombe !!!

J'attends 2007
C'est mon seul espoir

Pour qu'elle te laisse dormir ? Courage, il te reste quelques centaines de nuits sans sommeil...
De sortir du brouillard
Oui, Chirac en prison, et après, il fera Soleil.
C'est ma dernière chance
De quoi ?! C'est profond, ça.
Faut que j'aie confiance en la justice française
Bon, c'est clair.
On notera l'habile passage du souhait de la copine, qui devient celui du gars pour qu'il ait la paix.

J'aimerais tellement lui faire plaisir
Mais je n'ai pas assez de relations

Ce coup-ci, l'allusion sexuelle ne tient pas longtemps.
Bon, alors tu veux avoir confiance en la justice française, mais si t'avais des "relations", t'en userais. Bah bravo !
Car la seule chose qui lui ferait plaisir
Ce serait de voir Chirac en prison

Gna gna gna. Enfonce-toi ça dans la tête, c'est rapport à la censure qui me fait de la pub.

C'est une contagion
Maintenant moi aussi
Je n'en dors plus la nuit
C'est une obsession

Ah bah oui, c'est pas ta faute, c'est elle qui t'a refilé le virus. Du coup, il fallait absolument que t'en fasses une chanson, histoire de nous saouler comme elle t'a saoulé, hum.
Pourtant y'a 5 ans
J'avais voté pour lui

Là, je suis émue. Chirac, tu nous as déçus ! Si j'avais su, j'aurais voté Le Pen, tiens.
Non mais franchement, 'faut savoir, soit on vote pour lui, et on sait que c'est pas la prison, soit on vote pas pour lui. Arrêtez les girouettes !

J'attends 2007
C'est mon seul espoir
De sortir du brouillard
Voir Chirac en prison {x5}

5+1+1=7, chiffre sacré, ça doit être pour souligner la poésie du vers.

Moi, si j'étais les Wampas, que j'avais vraiment eu ce message à faire passer, j'aurais été légèrement dégoûté de voir que les media attiraient l'attention vers la question du test de la censure et de la promotion indirecte plutôt que de lancer le débat sur l'immunité politique de Chichi.
Eux, apparemment, ça les gêne pas. Bon.


Les Mickey 3d, par contre, leurs messages, ils passent super bien, je trouve. Bonne musique, textes subtiles, ironiques, désabusés. Quand j'entends La mort du peuple, par exemple, j'ai pas l'impression qu'on me prend pour une imbécile à qui il faut marteler des phrases-bulldozers pour être sûr que j'ai bien compris. Mon oreille est attirée par la mélodie, j'écoute les paroles, j'entends les allusions, je souris, et je suis d'accord (facile à embobiner, la greluche :)

Justement, pour cette chanson, voici les paroles :

Le président a déclaré, la mort du peuple ce matin
Il a failli nous faire pleurer, il avait tellement de chagrin
Le premier ministre agacé, nous a dit qu'il faudrait s'y faire
Il était tellement affolé, qu'il a mis sa veste à l'envers
On est resté le cul par terre
Et puis on a regardé en l'air
Au-dessus des maisons
Le soleil et ses rayons
Au-dessus des maisons
Au-dessus des rayons
Y'a plus beaucoup d'attraction
Au-dessus des rayons
Le président a convoqué, tous les ministres ce matin
Les a vivement encouragés, à nous dire que tout allait bien
Quand il est venu à la télé, il a mis de l'eau dans son vin
Nous a simplement remercié, d'un petit geste de la main
On s'est senti sonné soudain
On venait de perdre un copain
On était presque moins que rien
Alors on a regardé au loin
Au-dessus des maisons
Le soleil et ses rayons
Au-dessus des maisons
Au-dessus des rayons
Y'a plus beaucoup d'attraction
Au-dessus des rayons


J'espère que t'auras l'occasion de l'entendre plus souvent que celle des Wampas, cette chanson...



Et maintenant, les commentaires





Le p'tit bleu de Raph...

ah oui mais alors là non, je m'insurge
Parce que les Wampas, c'est très clairement du deuxième degré alors que les Mickey, je crois qu'ils se prennent au sérieux, même quand ils disent "on pourrait pourtant tous être amis, un peu comme les fourmis".
Et oui, bien sûr que c'est un coup de pub, ça semble évident... mais infliger "j'ai demandé à la lune" aussi, c'était un coup de pub, le premier album de Mickey 3d, le moins mauvais, était passé quasi inaperçu




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

Mouais... Le problème, c'est que je trouve que "J'ai demandé à la lune" chanté par Indochine, ça donne une chanson dégoulinante d"écoutez la profondeur du texte, c'est moi le mélancolique de service qui l'interprète" alors que c'est une petite chanson toute simple et légère qui devait sonner différemment dans la tête de son créateur (puisque je le décrète).

Chantée par Mickey, t'aurais p't'être même pas eu envie de la décortiquer, au même titre que "Jeudi Pop Pop", ou "Ca m'étonne pas", ou encore "La Coccinelle" des Dionysos (que j'mets dans le même sac, me demande pas pourquoi...), nan ?

Alors après tout, tant mieux si ça leur a fait de la pub, et moi, quand on me demande : "Tu connais Mickey 3D ? Il est nouveau, il chante "Respire" ou "Matador"", ça me permet de répondre :" Tu dis mais ne sais pas" d'un ton jouissivement supérieur, parce que j'appartiens à un clan ultra fermé de gens pseudo-ouverts :)




Le p'tit bleu de Izard...

Juste à propos des Wampas, pub ou pas pub, de toute manière leur style c'est de la musique pas trop élaborée, avec des paroles pas vraiment fracassantes de complexité, et un peu de décalage et/ou d'acidité dans les thèmes.

J'irais pas jusqu'à dire qu'ils sont de la trempe des Sex Pistols, mais ils sont quelques part en chemin.




Le p'tit bleu de La gReLuChe...

On va leur souhaiter bonne route alors !

Non, les Wampas, ils me faisaient marrer à se prendre hyper au sérieux donc pas du tout, mais j'ai pondu cette note énervée après avoir saturé d'interviews vraiment décevantes de la part des journalistes et de Didier Wampas.

J'avais mes règles, aussi.


06 mars 2006

"Lecteur, digère
- j'erre" (oh oh)

[article original ici, avec les commentaires - ah non, 'y en avait pas]

J'ai bientôt 25 ans.
Quand j'ai réalisé ça, c'est-à-dire à peu près passés les 24 ans et demi, ça m'a fait un choc.
Pourtant, ça n'a jamais été un âge symboliquement fatidique pour moi. C'est jeune, 25 ans, mais c'est vieux aussi. A 25 ans, on fait la fête, on a des amis, on est en CPE, parfois aussi on est marié, on a des enfants.

Moi, rien de tout ça.
J'ai l'impression d'avoir, allez, 19 ans - quoiqu'en allant à la bibliothèque, les 19 ans de maintenant, c'est plutôt des 17 ans d'avant. Surtout à la BSG. Bon, on va dire 21 ans.
Voilà. Mais une fille de 21 ans qui fait plus jeune que son âge, et qui a l'impression d'être au moins quarantenaire.
Pourtant c'est jeune 40 ans. J'aimerais bien avoir 40 ans, et me retourner sur ma vie. A condition qu'elle soit bien construite évidemment.
Physiquement, je me sens 21 ans, mentalement 60.

Je me ballade comme une gamine, parfois même, je gambade, je porte des jeans pourris sur des chaussures basiques avec un blouson et un sac à dos.
Sauf des fois, je fais des efforts de mon âge, je me déguise en femme jeune fille avec des jupes, des bottes, un manteau long, et un sac à main - que j'ai veillé à prendre vert pomme avec breloque-montre en marguerite ❀ histoire de garder mon côté greluche.
Chouette de faire plus jeune que son âge ?
Ca dépend.
Cette semaine, à l'école où je vais chercher une petite, le pion m'a demandé mon carnet de correspondance pour la quatrième fois de l'année ! Le pire, c'est que je me suis sentie traquée comme une petite 6ème qui sortait sans autorisation :/
Je précise que le pion en question doit bien avoir 25 ans.

Et je vis comme une petite mémé. Veuve. Seule. Il me manque un chat. Et de savoir bien tricoter.
Clin d'oeil à Pauline Carton ➙
Est-ce que la chose est claire dans mon annonce Meetic ? (où je ne vais plus, si tant est que j'y sois vraiment allée...) :

"Côté pile : j'aurais aimé vivre 50 ans plus tôt au temps d'Aragon, Bunuel, Sartre-Beauvoir, Giacometti, Mankiewicz, Mastroianni, Céline, Matisse, Queneau, Fellini, Katharine Hepburn, Pierrot le fou, Boris Vian...
Côté face : je suis solitaire, j'aime ça, à petite dose, mais là, ça commence à suffire. Seulement j'suis snooob, je débite des conneries à une vitesse impressionnante, je suis torturée par les diktats de la minceur, je fais des jeux de mots débiles, j'ai parfois envie de casser la télé, mais je la regarde, j'écoute France Culture, je rigole, je rigole, je rigole, et je pleure quand je me rends compte que le prochain dimanche, je le passerai encore toute seule.

Bref, si 'y a quelqu'un là-dedans qui aimerait me connaître, et qui aimerait que je le connaisse (j'ai déjà donné dans le mec taciturne et silencieux, ça va, merci), qui n'a pas peur de ne pas être d'accord avec moi, qui est un chouilla familier avec mes défuntes idoles, qui ne supporte pas les fautes d'orthographe... qu'il ose mailer cette sans visage (ça fait beaucoup 700), et p't'être que je répondrai !

Vouala.

Ah, et il est formellement interdit de fumer et de boire à outrance : je ne ramasse plus le vomi !"



Ces deux derniers jours, en tant que vieille, je suis allée voir un vieux film avec que des vieux dans la salle quasi vide, et en tant que jeune, j'ai écouté "Les filles du Mouv'". Le même principe que Max, sur Fun Radio (ça existe encore ?) mais différemment : Emilie est une fille (et ouais, scoop), cultivée mine de rien, censée dans ses questions et ses réponses, respectueuse de l'auditeur (surtout des filles SNCF : 12-25 ans) et des fois, avec ses cop's, elle craque complètement, et moi, je rigole.

C'est pathétique. Comme les blogs !

Bref, hier soir, donc, en écoutant le Mouv', j'ai découvert le book crossing. Tu connais ? Imagine, t'as lu un livre que tu aimes beaucoup, et au lieu de le ranger bien sagement à sa nouvelle place dans la bibliothèque (ce que j'aime faire, savoir qu'il est là, ça me contient), tu le laisses dans un lieu public après lui avoir attribué un numéro de série. Sur le site, tu le signales, et hop, d'autres personnes vont partir à sa recherche, pour à leur tour, ensuite, le laisser quelque part.
Je trouve ça génial, comme une chasse au trésor avec des livres qui à la fois racontent et ont une histoire. , par exemple, tu peux aller chasser où tu veux dans le monde.

Tout ça pour ça :)

04 mars 2006

Monsieur de...

[article original ici, avec les commentaires]

Hier soir, je suis allée voir Madame de... de Max Ophuls (je mets pas le Umlaut ¨ vu qu'il était en France à l'époque, c'est-à-dire en 1953), d'après le roman de Louise de Vilmorin, vulgaire fille de jardiniers (le pire, c'est que je croyais faire une blague, et en fait, c'est vrai !). Au passage, j'apprends, qu'elle avait été fiancée à St Exupéry mais mariée à Malraux. Voici ou Gala existaient-ils à l'époque ?


Le film commence légèrement, on a presque peur que ça continue si "facilement", puis l'intrigue s'enchevêtre avec la souplesse et l'élégance de Max Ophuls, qui sait mettre en lumière la grâce de Danielle Darrieux, l'inaccessibilité de Jean Boyer et la séduction de Vittorio De Sica.

Alors je mets ****.

D'autant que c'est une petite bombe à retardement : l'émotion resurgit plus forte à la sortie, l'envie de sourire et de pleurer, par la beauté et la désolation.



Mais je n'en dis pas plus : il n'y a rien qui m'énerve autant (que quoi d'ailleurs ?) que ceusses qui racontent l'histoire et décortiquent la réalisation avant de s'être assurés que tout le monde avait vu le film en question...

Sinon, c'est la première fois que je vois De Sica jouer. En fait, je ne savais pas qu'avant d'être cinéaste, il était acteur. Eh ben dis donc, il est plutôt pas mal le bougre, dans son jeu, il a vraiment la classe.
Ca me fait un peu bizarre de mettre cette tête au réalisateur de Ladri di biciclette, 5 ans plus tôt.
À chacun ses a-a priori :)


Et aussi, rien à voir, mais en tant que maniaque professionnelle, je t'invite à me signaler toute faute d'orthographe ou un détail qui t'gêne - sauf sur l'esthétique et l'organisation du blog, ça, j'suis pas experte...
J'aimerais bien faire des petites rubriques. Un jour, quand j'aurai le courage ou la flemme de faire ce que j'ai vraiment à faire, je me pencherai plus profondément sur le html.